La stimulation cérébrale électrique : une technique d’avenir

Les différentes applications de la neurostimulation
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Si l’opération du cerveau est délicate, une fois mis en place, le dispositif de neurostimulation est entièrement invisible. Ce qui n’empêche pas les résultats d’être impressionnants ! À tel point que cette technique de neurochirurgie est aujourd’hui utilisée ou envisagée pour d’autres maladies que le Parkinson. 

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/04/2015

L’électricité, quelle merveilleuse découverte ! Déjà, elle faisait rêver les scientifiques et auteurs des siècles derniers. Mary Shelley dans son Frankenstein ne raconte-t-elle pas l’histoire d’un homme « ressuscité » à grand coup d’ampères ? Cette opération fantastique de haute voltige – et à haut voltage – n’a jamais été concrétisée. Et pourtant... L’avenir de la neurochirurgie semble pourtant bien dans les mains de la fée électricité, notamment grâce aux électrodes de neurostimulation !

 

Une précision 

Placer des électrodes dans le cerveau ? Plus facile à dire qu’à faire ! Toute la difficulté consiste à trouver l’endroit où les électrodes sont les plus efficaces et à atteindre cette zone nichée au plus profond du cerveau sans anicroche... La moindre erreur peut en effet occasionner des lésions cérébrales, potentiellement irréversibles. Heureusement, les outils de neuro-imagerie permettent de déterminer avec une précision inférieure au millimètre l’itinéraire que l’électrode devra parcourir dans le crâne pour se retrouver à l’endroit précis où elle sera efficace. Un véritable travail d’orfèvre !

 

Un cerveau sur commande

Mais ce n’est pas tout ! Une fois les électrodes en place, elles sont reliées à un générateur électrique placé sous la clavicule du patient par un fil qui court sous le cuir chevelu. Cette sorte de « pacemaker cérébral » permet de régler avec précision l’intensité et la fréquence du courant envoyé vers les électrodes nichées au fond du cerveau. Le but ? Trouver le réglage qui permette de limiter au maximum les symptômes. Une télécommande permet en effet au médecin de communiquer avec le générateur par radiofréquence. Il suffit de placer le boîtier près de la clavicule, d’entrer les informations pour que l’information soit transmise et l’influx électrique vers le cerveau modifié. Le plus : ce dispositif de pointe est entièrement invisible !

 

Neurostimulation : des applications en pagaille

La neurostimulation a encore de beaux jours devant elle.  Bien sûr l’opération est lourde, coûteuse et limitée à des patients triés sur le volet. Mais les résultats sont au rendez-vous ! À tel point que cette technique est aujourd’hui utilisée ou à l’étude pour traiter d’autres maladies : épilepsie, douleurs chroniques, tremblements essentiels (des tremblements héréditaires et parfois handicapants)... 

 

Neurostimulation : et les maladies mentales

La neurostimulation est également utilisée dans un domaine où on ne l’attendait peut-être pas : la psychiatrie. On connaît en effet désormais la réalité biologique qui se cache derrière certaines « maladies de l’esprit » comme la dépression ou l’anxiété pathologique.

  • C’est dans la tête ?

Oui, précisément ! Car l’esprit plonge bien ses racines dans les méandres de notre cerveau. De là à utiliser la neurostimulation pour traiter ces « dysfonctionnements » il n’y a qu’un pas... qui a été franchi.

  • Des électrodes sur l’esprit

La neurostimulation est par exemple désormais utilisée pour traiter les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) – ce trouble dans lequel des personnes ressentent un besoin irrépressible d’accomplir des rituels comme se laver les mains des centaines de fois et dont les pensées peuvent être envahies en permanence par des idées parasites. Seules les zones du cerveau ciblées par les électrodes changent !

Résultat : la majorité des patients traités par neurostimulation ressentent une amélioration significative de leurs symptômes ! Certains retrouvent un quotidien quasi normal alors qu’ils ne parvenaient plus à sortir de chez eux à cause de leurs obsessions ! 

  • Le syndrome de Gilles de la Tourette

Et ce n’est pas tout : la technique est aujourd’hui étudiée dans le cadre du syndrome de Gilles de la Tourette(1), des dépressions résistant aux traitements, de l’anorexie ou encore de l’addiction à certaines drogues comme la cocaïne... Une chose est sûre la neurostimulation n’a pas fini de faire parler d’elle !

 

(1) Une maladie neurologique caractérisée par des tics moteurs et vocaux involontaires, soudains, brefs et intermittents.

 

À lire aussi

Parkinson : des électrodes dans le cerveau

Les dépendances
L’hypnose pour soigner l’âme

 

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/04/2015

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