Épileptique ? N'ayez plus peur du sport !

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Souvent, un diagnostic d'épilepsie entraîne l'abandon du sport pratiqué par le patient. Pourtant, la pratique sportive n'est pas inconciliable avec cette maladie neurologique. Au contraire ! Elle est recommandée par les médecins...

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Rédigé par : Stéphanie Koplowicz
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/11/2016

Qu'est-ce que l'épilepsie ?

L'épilepsie est une maladie neurologique qui touche environ 500.000 personnes en France, dont la moitié a moins de 20 ans. L'épilepsie est due à une activation brutale d'un grand nombre de cellules nerveuses cérébrales (les neurones). Ce fonctionnement excessif et simultané des neurones entraîne des « décharges électriques » qui se traduisent de différentes manières, par des crises épileptiques généralisées (perte momentanée de conscience accompagnée de spasmes involontaires ou parfois uniquement « absences ») ou partielles (signes moteurs ou sensitifs ne concernant qu'une partie du corps, rupture de contact, perceptions physiques étranges, etc.).
La maladie épileptique, qui se définit comme une récurrence de crises, peut apparaître à tous les âges, avec une prédominance chez les enfants et les sujets âgés. Un électroencéphalogramme peut permettre de confirmer la maladie et une imagerie du cerveau peut parfois aider à en identifier la cause, lorsqu’il y en a une, avant de la prendre en charge. L'épilepsie peut être contrôlée par des traitements antiépileptiques dans les deux tiers des cas. Pour les autres, des solutions plus spécifiques sont mises en place.

 

Le sport : un danger pour les épileptiques ?

Lorsqu'un patient se révèle épileptique, de nombreuses questions surgissent et le poussent à modifier ses habitudes de vie. Parfois au-delà du nécessaire. Ainsi, on constate que bon nombre de patients ont renoncé à pratiquer leur sport favori après l'annonce du diagnostic. Les enfants et adolescents – qui représentent la moitié des épileptiques de France – sont aussi victimes de l'idée fausse, mais répandue, que le sport est dangereux pour les personnes atteintes d'épilepsie. Or, comme l'explique le Dr Gilles Huberfeld, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, « La pratique nous le confirme tous les jours : la reprise d'une activité sportive est généralement synonyme d'une réduction des crises, en fréquence et/ou en intensité ».

 

Sport et épilepsie : de la pratique à la théorie

Si, dans la pratique, les médecins ne peuvent que constater l'effet bénéfique de l’activité physique sur l'épilepsie, peu d'études théoriques ont jusqu'ici pu expliquer ce phénomène ni réellement quantifier les bénéfices du sport pour les patients. Il s’agit probablement de la conjonction de plusieurs facteurs. D'une part, le sport a un effet évident sur le processus d'attention. Lors de la pratique sportive, le patient se concentre sur des gestes à effectuer ou encore sur des règles à suivre. Or, on sait que la crise d'épilepsie survient plutôt dans des moments de repos ou de baisse de vigilance. Le pic de concentration que vivent les sportifs les protégerait donc de la crise. D'autre part, la pratique sportive génère dans le cerveau une augmentation de la production de certaines hormones, telles que la dopamine et la sérotonine qui ont un effet protecteur sur les neurones.

 

Pratique sportive et épilepsie : des bénéfices secondaires

Au-delà de la certitude médicale que le sport n'est aucunement un facteur aggravant d'épilepsie, les médecins insistent sur ses nombreux bienfaits. « Souvent, les patients souffrant d'épilepsie ont une image perturbée de leur corps », explique le Dr Huberfeld. « La pratique sportive permet de se le réapproprier et de valoriser la perception qu'ils ont d'eux-mêmes. »
La volonté de relever de nouveaux défis, l'appartenance à un groupe ainsi que le partage et le plaisir du jeu sont d'autres éléments qui plaident en la faveur du sport. Faire de l’exercice, c’est aussi sortir de chez soi, se dépasser et aller vers l’autre. Autant de valeurs et d’habitudes qui améliorent la qualité de vie.

 

Epilepsie : osez en parler !

L'épilepsie est une maladie neurologique très courante, mais elle peut parfois faire peur et est souvent mal connue. Lorsque vous envisagez de (re)commencer à pratiquer un sport collectif, n'hésitez pas à en parler au médecin du club – c'est indispensable – mais aussi à vos coéquipiers. Si une crise devait survenir, il est primordial qu'ils ne paniquent pas et sachent comment vous aider.

 

Quel sport choisir quand on est épileptique ?

Bien sûr, il faut veiller à bien choisir les sports pratiqués, une perte de connaissance liée à une crise pouvant s’avérer périlleuse dans certaines circonstances…

Les sports à éviter :

  • aviation

  • escalade

  • plongeon

  • sports mécaniques

  • parachutisme

  • saut à ski

  • plongée sous-marine

  • voile en solitaire

  • surf et planche à voile

Les sports nécessitant de prendre des précautions :

  • ski alpin

  • natation en piscine et encore plus en mer

  • ski nautique

  • escrime

  • gymnastique

  • équitation

  • cyclisme

  • patinage

  • roller et skateboard

  • musculation

 

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Mis à jour le : 01/11/2016

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