Maladie d’Alzheimer, prenez soin de vos neurones

Stimuler son cerveau pour prévenir Alzheimer
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La maladie d’Alzheimer n’est pas une fatalité. C’est en tout cas l’espoir suscité par des travaux scientifiques de plus en plus nombreux, qui montrent que la prévention peut faire reculer la maladie. Et cela à tout âge.

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Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 11/05/2018

Une nouvelle personne atteinte toutes les trois secondes dans le monde : la maladie d’Alzheimer fait peur. D’autant que ce déclin graduel des capacités mentales est inexorable et qu’il n’existe pour l’heure aucun traitement efficace le stoppant.
Tandis que les travaux scientifiques se poursuivent autour de futurs traitements curatifs, c’est du côté de la prévention que vient l’espoir, à court terme. Les facteurs environnementaux, dont beaucoup sont liés à notre mode de vie, joueraient en effet un rôle non négligeable dans 30 à 40 % des cas. La prévention est donc efficace à tout âge, même avancé.

 

Alzheimer : où en sont les recherches scientifiques ?

Célèbre revue médicale britannique, The Lancet a récemment lancé, avec 23 laboratoires de recherche spécialisés dans le monde, une « méta-analyse » de grande ampleur faisant la synthèse des études sur les facteurs de risque de la maladie(1). Selon cette étude, 35 % des cas de démence pourraient être évités.

 

Prévenir Alzheimer au quotidien

Une bonne santé cardiovasculaire pour prévenir Alzheimer

Une mauvaise santé cardio-vasculaire a un impact très négatif sur le cerveau. On agit donc contre la maladie d’Alzheimer lorsqu’on met sous contrôle son hypertension artérielle, son excès de cholestérol, un taux anormalement élevé de triglycérides dans son sang, ou encore son diabète.

Pour anticiper la maladie d’Alzheimer : Bougez !

Marcher, faire du jardinage, danser ou pédaler régulièrement réduirait de 20 % le risque de démence de type Alzheimer. Les personnes âgées les plus actives physiquement présentent le plus fort volume de matière grise dans le cerveau : c’est ce que montre une étude publiée en 2016(2). Et cela, quelle que soit l’activité choisie.

Alzheimer : stimulez votre cerveau

Il est notable que les symptômes de la maladie d’Alzheimer apparaissent plus tard chez les personnes ayant suivi des études longues. Mots croisés, sudoku, jeux de société, lecture, voyages, nouveaux apprentissages… Toute activité stimulant la mémoire, la logique ou la réflexion, pratiquée régulièrement, semble jouer un rôle bénéfique. L’explication ? Il se développe dans le cerveau un réseau plus dense de connexions neuronales, qui compense mieux les pertes liées à la maladie. En effet, pour le cerveau, travailler, c’est la santé ! Une étude de l’Inserm de 2013 a même révélé que repousser l’âge de la retraite diminuerait le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer (3 % par an pour chaque année de travail en plus).

Une vie sociale active aide à prévenir la maladie d’Alzheimer

Vivre en couple, voir sa famille ou ses amis, avoir une vie associative… Interagir avec autrui permet d’entretenir sa « plasticité cérébrale ». Ainsi, les liens humains enrichissants retardent l’apparition des premiers symptômes et leur sévérité.
À partir de l’âge de 45 ans, il est important de dépister la perte d’audition. Et de ne pas hésiter à s’appareiller, si nécessaire. Car ne plus entendre correctement, c’est se désengager socialement et perdre rapidement en densité de connexions neuronales. Onze études scientifiques ont déjà mis en avant le lien entre presbyacousie et déclin mental à long terme.(3)

Prévenir Alzheimer passe aussi par l’alimentation !

Le régime alimentaire méditerranéen semble également avoir un effet protecteur sur le déclin cognitif. Le suivre diminuerait ainsi de 54 % le risque de développer la maladie d’Alzheimer(4). On inscrit donc au menu, huile d’olive, fruits (notamment les baies), légumes (en particulier ceux à feuilles vertes), noix, noisettes, amandes, céréales complètes, poissons et volailles en petite quantité.

 

3 questions à...

Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste à l’université de Lille, directeur général de la Fondation Plan Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer n’est pas une malédiction liée au vieillissement et à la génétique, dites-vous…

La maladie d’Alzheimer s’enracine dans un terrain génétique favorable.
Mais plusieurs facteurs de risque environnementaux jouent dans son déclenchement : le niveau d’éducation (plus on fait des études longues, plus le risque est réduit), des pathologies cardiovasculaires, ou des microtraumatismes subis par le cerveau, notamment dans certains sports comme la boxe ou le football américain. C’est par rapport à ces facteurs qu’on peut agir en prévention.

Quel est l’effet exact des mesures de prévention ?

Quand une personne est diagnostiquée Alzheimer, la maladie couve en fait depuis dix, vingt ou trente ans.
Durant cette phase asymptomatique, le cerveau lutte efficacement pour compenser ses lésions.
Avec la prévention, on peut faire durer cette phase « silencieuse », donc repousser le moment où se manifesteront les premiers symptômes invalidants.

Le nombre de nouveaux cas par classe d’âge a tendance à baisser. Faut-il y voir l’effet d’une meilleure hygiène de vie ?

Cette baisse de l’incidence de la maladie* a été constatée aux Pays-Bas, au Danemark, en France et aux États-Unis.
Elle semble effectivement liée à l’amélioration du niveau d’éducation et à la baisse des facteurs de risques cardiovasculaires.
Cela confirme en même temps l’intérêt de la prévention.

* Le nombre total de cas progresse néanmoins fortement, du fait du vieillissement global de la population

 

À lire aussi

Comment réagir face à la maladie d’alzheimer ?
Alzheimer : travailler plus pour oublier moins ?
Neurosciences : le cerveau, ça s’entretient !

 

Sources

1. Rapport présenté au congrès international sur Alzheimer (Alzheimer’s Association International Conference AAIC), le 20 juillet 2017, à Londres, et publié dans The Lancet.
2. Longitudinal relationships between caloric expenditure and gray matter in the cardiovacular health study, mars 2016.
3. Aging & mental health et Journal of the American Medical Association, étude du Pr Frank Lin , 2013.
4. Étude Paquid (personne âgée quid) - INSERM U 897 - Épidémiologie et bio-statistiques, Bordeaux, 2013.
 


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