Anémie de grossesse : gare aux carences en fer !

Les problèmes d’anémie pendant la grossesse
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Fatigue, vertiges, pâleur, perte d’appétit…, les problèmes d’anémie sont fréquents pendant la grossesse. Quels en sont les risques et comment prévenir ce phénomène ? Nous faisons le point !
 

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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 12/04/2016

Anémie au cours de la grossesse : un problème fréquent

10 à 20 %(1) des femmes enceintes développent une anémie au cours du 3e trimestre de la grossesse. C’est-à-dire que le taux d’hémoglobine dans leur sang est trop bas. Ce pigment présent dans les globules rouges est constitué de fer et il assure le transport de l'oxygène dans le corps. Lorsque l’organisme en manque, cela peut provoquer de la fatigue physique et mentale, des vertiges, des maux de tête, une perte d’appétit, des troubles de l’humeur…  ainsi qu’une pâleur de la peau !

 

Grossesse : des besoins plus élevés en fer

Si les femmes enceintes développent de l’anémie, c’est souvent à cause d’un manque de fer (anémie ferriprive). En effet, pendant la grossesse, les besoins en fer sont plus élevés afin de couvrir la croissance du fœtus, le fonctionnement du placenta… Ces besoins augmentent au
fur et à mesure de la grossesse : si 1 mg de fer par jour suffit au 1er trimestre, 8 mg sont nécessaires au 3e trimestre !

 

Anémie ferriprive pendant la grossesse : quels risques ?

Souffrir d’anémie pendant la grossesse peut entraîner des complications :

  • pour la maman : en cas de carence en fer sévère, la maman peut moins bien tolérer les pertes sanguines de l’accouchement. Elle aura alors plus de risques d’avoir besoin d’une transfusion sanguine ;  

  • pour le bébé : cela pourrait notamment favoriser la prématurité du bébé et un faible poids de naissance.

Toutefois, ces risques dépendent très fort de la sévérité de l’anémie, son ancienneté, son mode d’installation…

 

Prévention de l’anémie : une alimentation riche en fer !

Heureusement, la nature est bien faite ! Si les besoins en fer augmentent pendant la grossesse, l’organisme s’adapte pour y faire face : il mobilise ses réserves en fer et augmente ses capacités d’absorption intestinale du fer. En outre, l’arrêt des règles permet de réduire les pertes en fer.
Grâce à ces mécanismes, une alimentation équilibrée permet généralement aux femmes non carencées de subvenir aux besoins en fer d’une grossesse normale.
Pour stocker suffisamment de fer, veillez à consommer des céréales complètes et des légumes secs, ainsi que de la viande rouge, du boudin noir ou du poisson une fois par jour. Et optez pour le poisson, très riche en fer, deux fois par semaine (2). N’oubliez pas, par contre, de bien les cuire pour éviter la contamination à la toxoplasmose et à la listériose
Certains légumes secs sont également naturellement riches en fer : lentilles, haricots secs, pois chiches… Toutefois, le fer d’origine végétale est moins bien absorbé par l’intestin que le fer d’origine animale.

 

Carence en fer : un dépistage en début de grossesse !

Jusqu’à 40 % des femmes en âge de procréer ont un taux de ferritine sérique inférieur à 30 g/l, ce qui traduit l’effondrement de leurs réserves en fer. Le dépistage de l’anémie est obligatoire au 6e mois de la grossesse. Mais il est parfois trop tard pour rétablir un taux de fer satisfaisant au moment de l’accouchement.
C’est pourquoi un bilan des réserves en fer doit être réalisé à la première consultation de la grossesse (et même idéalement avant la conception) chez les femmes à risque de carence, afin de mettre en route à temps une supplémentation en fer adaptée.

 

Êtes-vous à risque d’anémie ?

Les facteurs de risque d’anémie sont :

  • des pertes de sang importantes, pouvant être liées à un dispositif intra-utérin au cuivre,

  • des troubles du cycle (fréquents chez les adolescentes),

  • des grossesses nombreuses et rapprochées, qui n’ont pas permis à la mère de reconstituer un stock de fer suffisant,

  • des grossesses gémellaires (les besoins en fer sont alors accrus pour le développement des deux fœtus),

  • des apports nutritionnels en fer insuffisants, notamment en cas de régime végétalien, de précarité socio-économique ou encore chez les femmes issues de pays en voie de développement,

  • un défaut d’absorption du fer qui peut être lié à une maladie intestinale chronique inflammatoire, à une ablation d’une partie de l’intestin…


Si vous êtes concernée par certains facteurs de risque ou que vous avez souffert d’anémie par le passé, parlez-en à votre médecin. Si possible avant même de lancer votre projet de grossesse !

À lire aussi
L’anémie : qu’est-ce que c’est ?
Anémie et insuffisance rénale : quelles solutions ?


Sources
*G. Beucher & al., Anémie par carence martiale et grossesse. Prévention et traitement, Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, 2011
* (1) Prepartum anaemia: prevention and treatment. Ann Hematol. 2008 Dec
* (2) Recommandations du Programme National Nutrition santé
Merci au Dr Gaël Beucher, gynécologue au Pôle Femme-Enfant du CHU Caen.


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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 12/04/2016

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