Sida : un vaccin entre espoir et désillusions

Où en est le vaccin contre le SIDA ?
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Malgré la multiplication des messages de prévention, le virus du sida continue de se propager. Où en est la mise au point d'un vaccin ?

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/01/2014

Sida : la contamination progresse

Le sida ne fait toujours pas partie du passé ! La pandémie continue de progresser : 2,2 millions de nouvelles contaminations dans le monde en 2012. « En France, il y a 7.000 à 8.000 nouvelles contaminations chaque année », précise le Pr Jean-François Delfraissy. « Dans certains pays, comme l’Afrique du Sud par exemple, la situation reste explosive. Chaque heure dans le monde, plus de 300 personnes sont encore contaminées par le   ! » Face à cette pandémie, la mise au point d’un vaccin reste donc plus que jamais d’actualité !

 

VIH : un vaccin en échec

Un tel vaccin reste pourtant toujours à l’heure actuelle un échec. « La mise au point d’un vaccin contre le VIH patine depuis un certain temps », poursuit le Pr Delfraissy. Le virus a en effet la fâcheuse habitude de muter, c’est-à-dire de modifier son code génétique pour survivre... Ce qui lui permet d’échapper aux défenses de l'organisme et de passer entre les mailles du filet, même lorsque les chercheurs parviennent à stimuler une réponse immunitaire forte. Difficile de combattre un ennemi qui change constamment de visage...

Mais ce n’est pas tout : « On ne sait toujours pas dans le sida sur quel élément de la réponse immunitaire travailler pour créer le vaccin ».  

 

Des premiers résultats ?

Pourtant fin 2009, les résultats d’un essai clinique réalisé en Thaïlande interpellent la communauté scientifique. La combinaison de deux candidats-vaccins permet en effet alors de réduire de 31% les infections au VIH par rapport à un placebo. La preuve était enfin faite : il est possible de freiner l’infection grâce à un vaccin ! « Cela reste toutefois insuffisant ! », précise le Pr Delfraissy. 

« Mais d’autres pistes existent. Nous étudions par exemple la possibilité d’agir sur les cellules dendritiques (ndlr: qui sont en quelque sorte les sentinelles du système immunitaire) afin d'orienter la réponse immunitaire dans une direction ou une autre et contenir une éventuelle infection. » Mais malgré ces pistes et ces premières réussites, il reste encore impossible à l’heure actuelle de dire quand les chercheurs parviendront à mettre au point un vaccin... ou même s'ils y parviendront.

 

Des contrôleurs spontanés du virus du sida !

« Nous continuons d’ailleurs la recherche fondamentale pour essayer de mieux comprendre comment nous pourrions agir », poursuit le Pr Delfraissy. « Nous nous intéressons par exemple beaucoup à certains cas très rares de patients – à peine 0,01 % de la population – qui, grâce à un système immunitaire particulièrement bien adapté, ont la capacité de contrôler spontanément le virus. » Chez ces patients, la maladie reste donc latente mais contrôlée sans aucun traitement. Une curiosité pour les scientifiques qui espèrent mettre le doigt sur ce qui leur permet de dompter le VIH. Et de pouvoir mettre au point de nouveaux traitements, de nouveaux vaccins.

 

VIH et prévention : de nouvelles pistes

À ce jour, le seul moyen de se prémunir de l’infection au VIH et du sida reste donc la prévention « traditionnelle » : le préservatif bien sûr ! Mais d’autres pistes en la matière sont également à l’étude à défaut d’une solution vaccinale efficace. La PrEP, par exemple. 

Le principe ? Prendre un traitement antirétroviral préventif, avant le rapport à risque, et donc avant que l’infection n’ait l’occasion d’infecter l’organisme. La PrEP est actuellement à l’étude et la piste ne manque pas d’intérêt, même si son utilisation soulève différentes questions : remboursera-t-on de tels médicaments ? Qu’en sera-t-il de leur éventuelle toxicité ? La PrEP n’aura-t-elle pas un impact négatif sur l’usage du préservatif

La prévention pourrait toutefois intégrer cette nouvelle approche demain et la combiner à d’autres méthodes pour limiter au maximum les risques. Une nouvelle piste pour essayer d'enrayer l’épidémie. Et pourquoi pas un jour, le VIH ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

 

Infection par le VIH : une épidémie cachée

  • On compterait actuellement en France à peu près 150.000 personnes infectées par le VIH

  • Parmi celles-ci, 30.000 n’ont pas conscience de leur séropositivité, et ne se considèrent pas comme contagieuses. Elles risquent donc de transmettre à leur tour le virus. En cas de doute, pensez à vous faire dépister ! Une simple prise de sang suffit !

 

Situation à risque ? Vous n'êtes pas seul !

Vous avez pris un risque ? Besoin d'infos sur le dépistage ou de réponses à vos questions ?

Vous pouvez contacter anonymement et gratuitement « Sida Info Service » au 0800/840.800 tous les jours 24h/24.

Web : www.sida-info-service.org

 

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Source

Merci au Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'ANRS (Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites virales).


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Mis à jour le : 01/01/2014

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