Le syndrome des ovaires polykystiques

Les symptômes et les traitements du syndrome des ovaires polykystiques
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En France, 5 à 10% des femmes souffrent du syndrome des ovaires polykystiques (SPKO), qui associe en général problèmes de poids, pilosité abondante et absence d’ovulation. Cause fréquente d’infertilité, le SPKO n’empêche pourtant plus aujourd’hui de mener à bien une grossesse.

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Julie Luong
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 22/04/2014

Le syndrome des ovaires polykystiques

Les ovaires sont essentiels à la reproduction. Chaque mois, à partir de la puberté,  ils libèrent un ovule (ou ovocyte) : c'est l'ovulation.
L’ovule passe alors dans les trompes de Fallope où il peut être fécondé par un spermatozoïde s’il y a eu rapport sexuel.
Chaque ovule est contenu dans un follicule. Chaque ovaire contient de nombreux follicules dont un seul arrive à maturité chaque mois : c’est le follicule dominant. Dans le syndrome des ovaires polykystiques, aucun follicule dominant ne se développe et donc n’arrive à maturité. L’ensemble des follicules immatures ont un aspect de petits kystes, d’où le nom de ce syndrome.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SPKO) se manifeste donc par une anovulation, c'est-à-dire l'absence de production d'ovule mature.

 

Ovaires polykystiques : les symptômes

Le syndrome des ovaires polykystiques apparaît généralement vers la vingtaine. Il se traduit souvent par des cycles longs (plus de 28 jours) et irréguliers. Les femmes qui en souffrent ont donc des difficultés à concevoir.
Le SPKO est souvent associé à une augmentation des hormones mâles, les androgènes. Cette hyperandrogénie peut entraîner une acné et une augmentation de la pilosité (hirsutisme) sur certaines zones du corps généralement dénuées de poils chez la femme (dessus de la lèvre, bras, dos, ventre, etc.). La prise de poids est également fréquente.

 

Les causes des ovaires polykystiques

Les causes de ce syndrome ne sont pas encore clairement connues. Il semble lié à un dysfonctionnement des ovaires entraînant un excès d’androgènes et une perturbation du processus normal d’ovulation.
Cette hyperandrogénie semble elle-même liée à une surproduction d'insuline, hormone qui sert à réguler le taux de sucre dans le sang. Le surpoids et le diabète semblent donc être des facteurs associés importants. Environ 2 femmes sur trois souffrant de SPKO sont en excès de poids, voire obèses.
Il existe sans doute également une certaine prédisposition génétique.

 

Ovaires polykystiques : les conséquences

En cas de SPKO, la quantité de lipides (graisses) dans le sang augmente, ce qui accroît le risque de maladies cardiovasculaires. Le SPKO augmente également le risque de développer un diabète de type 2.  Certains troubles de l’humeur sont parfois observés. Enfin, ce syndrome a des conséquences sur la fertilité. Le SPKO est d’ailleurs souvent découvert lorsqu’une jeune femme ne parvient pas à être enceinte.

 

Le diagnostic des ovaires polykystiques

 

  • La prise de sang

La prise de sang va permettre de détecter la présence d’une hyperandrogénie. Certains dosages permettent aussi d’exclure la présence d’autres maladies aux symptômes similaires.

 

  • L’échographie

L’échographie permet de détecter un accroissement du volume des ovaires et/ou la présence de multiples follicules dans ces ovaires.

 

Le traitement du syndrome des ovaires polykystiques

Le SPKO ne se guérit pas mais les symptômes peuvent être diminués. Il nécessite une prise en charge pluridisciplinaire (endocrinologue, gynécologue, nutritionniste, dermatologue).

 

  • La perte de poids

En cas de surcharge pondérale, la perte de poids a souvent un effet très positif. Elle permet en effet de diminuer la sécrétion d'androgènes et parfois de rétablir le cycle menstruel. Il semble cependant que la perte de poids soit plus difficile pour les femmes atteintes de SPKO.

 

  • La stimulation ovarienne

En cas de désir de grossesse, il faut avoir recours à la stimulation ovarienne. Les inducteurs d'ovulation comme le citrate de clomifène permettent en effet de rétablir l’ovulation chez plus de 70% des patientes. Cette stimulation exige un contrôle médical strict afin d’éviter le risque de grossesse multiple. En cas de difficultés persistantes à être enceinte, la fécondation in vitro peut être envisagée.

 

  • Les traitements hormonaux

L’utilisation de certains contraceptifs oraux peut permettre de diminuer fortement les problèmes d’acné. On leur associe parfois des anti-androgènes afin de lutter contre l’excès de pilosité, qui peut être très difficile à vivre pour ces femmes.  

 

Le conseil de votre pharmacien Giphar

Les études montrent que la perte de poids permet souvent de rétablir l’équilibre hormonal. Si vous rencontrez des problèmes de fertilité, n’hésitez pas à vous faire aider par un nutritionniste et/ou un psychologue afin de mettre toutes les chances de votre côté !

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L’endométriose


Sources
*Jardena Puder, François Pralong, Syndrome des ovaires polykystiques et résistance à l’insuline, Rev Med Suisse 2009;5:779-782-Moran LJ, Hutchison SK, Norman RJ, Teede HJ.
*Lifestyle changes in women with polycystic ovary syndrome, Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 7. Art. No.: CD007506. DOI: 10.1002/14651858.CD007506.pub3
*Bayram N, van Wely M, Van der Veen F, Pulsatile gonadotrophin releasing hormone for ovulation induction in subfertility associated with polycystic ovary syndrome, Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 11. Art. No.: CD000412. DOI: 10.1002/14651858.CD000412.pub2
Article réalisé en collaboration avec le Dr Aude Béliard, gynécologue.


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Rédigé par : Julie Luong
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 22/04/2014

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