Greffe : j’ai donné un de mes reins !

Don d'organe d'une personne vivante
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Face à la longue liste d’attente, le don de rein du vivant offre une alternative précieuse ! Deux frères témoignent de leur expérience.

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/11/2014

CHU de Nantes, 9 heures. Damien part au bloc opératoire. Deux heures plus tard, Emmanuel est emmené à son tour. Il va recevoir le rein que l’on vient de prélever à son frère… En salle de réveil, Damien regarde avec émotion son grand frère, étendu à côté. Il est heureux et soulagé. L’opération s’est bien passée : Emmanuel va pouvoir reprendre une vie normale !

 

Quand les reins ne fonctionnent plus

En 2007, Emmanuel, jardinier paysagiste âgé de 42 ans, apprend qu’il est atteint de la maladie de Berger, une maladie qui s’attaque à ses reins. Cinq ans plus tard, malgré un traitement, la maladie a évolué et ses reins ne sont plus capables d’assurer leur rôle : éliminer les déchets sanguins et le surplus de liquide accumulé dans le corps.
« J’ai dû commencer la dialyse », se souvient-il. « C’était assez lourd : quatre heures tous les deux jours ! J’ai dû me mettre en arrêt maladie et le médecin m’a dit qu’il fallait envisager la greffe le plus tôt possible : soit m’inscrire sur la liste d’attente, soit recevoir un don d’une personne vivante, qui est plus rapide et donne de meilleurs résultats. J’ai directement appelé mes trois frères et ils ont tous bien réagi ! L’un ne pouvait pas être donneur car il avait souffert de calculs rénaux. Sur les deux autres, mon petit frère Damien était celui qui était le plus prêt psychologiquement. »

 

Donneur d'organe : faire don de soi

« Depuis l’adolescence, je suis convaincu par le don d’organes », raconte Damien, 38 ans, directeur d’un site agro-alimentaire. « Je porte toujours ma carte de donneur sur moi. Depuis qu’on a diagnostiqué la maladie de mon frère il y a 7 ans, je me suis préparé à l’idée qu’un jour peut-être on ferait appel à moi. Donc lorsqu’il nous a sollicités, j’étais prêt ! Ma décision n’a pas été difficile… Je viens d’une famille aux origines rurales, où l’esprit d’entraide est très fort. Le don de soi est ancré dans notre éducation ! Je n’avais pas de craintes pas rapport à l’opération, très bien maîtrisée par les médecins. En outre, j’ai beaucoup échangé avec une collègue, qui a donné un rein à sa sœur il y a quelques années. Cela m’a conforté et rassuré.»
Après trois semaines d’absence, Damien peut reprendre le travail et une existence normale, sans traitement ni régime. De son côté, Emmanuel revit. « Le rein a fonctionné tout de suite, c’était incroyable ! », s’enthousiasme-t-il. « Malgré le contrecoup de l’opération, je me sens déjà mieux qu’avant la greffe ! Je compte reprendre mon travail dès que possible… C’est un peu une seconde vie ! »

 

Don d'organes : qui peut donner ?

  • Un membre de la famille mais aussi toute personne faisant la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis deux ans avec le receveur.

  • Pour la greffe de rein, il n’est plus obligatoire d’avoir le même groupe HLA, ni le même groupe sanguin (sous réserve d’un traitement spécifique du receveur).  

 

Don d'organe : une procédure stricte

Le don est entouré de nombreuses précautions :

  • des examens médicaux pour vérifier que le donneur est en bonne santé ;

  • passage devant un comité d’experts puis un magistrat, qui interrogent le donneur sur ses motivations et vérifient que son consentement est libre et éclairé.

 

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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/11/2014

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