Le cancer du pancréas

Les symptômes et les traitements du cancer du pancréas
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Avec 12 000 nouveaux cas par an, le cancer du pancréas est le deuxième cancer digestif le plus fréquent, après le cancer du côlon. Il est toutefois possible d’en réduire le risque, en modifiant certains aspects de notre mode de vie. En tête de liste : l’arrêt du tabac !

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 26/05/2014

Le pancréas

Il s’agit d’une glande du système digestif, situé dans l’abdomen, derrière l’estomac.

  • Il fabrique des enzymes indispensables à la digestion des aliments.

  • Il joue également un rôle majeur dans la régulation du taux de glucose dans le sang, en y libérant des hormones.

 

Différents types de cancer du pancréas

Il existe plusieurs types de cancer du pancréas. Le plus fréquent (90% des cas) est l’adénocarcinome du pancréas, aussi appelé « cancer du pancréas exocrine ».
Il se développe à partir des cellules exocrines du pancréas : celles qui fabriquent des enzymes nécessaires à la digestion. C’est celui que nous décrivons dans cet article.

Plus rares, d’autres types de tumeurs malignes se développent à partir des cellules endocrines du pancréas, qui fabriquent des hormones comme l’insuline. Il existe encore d’autres types de tumeurs mais elles sont exceptionnelles.

 

Cancer du pancréas : facteurs de risques et prévention

Le cancer du pancréas touche un peu plus les hommes que les femmes, généralement vers 65 à 70 ans.
Tous les facteurs de risque ne sont pas encore connus, mais on a pu en identifier certains :
> Facteurs de risque environnementaux :

  • Le tabagisme constitue le principal facteur de risque. Il serait responsable de 30% des cancers du pancréas en France.  Les fumeurs développent en outre ce cancer en général dix ans plus tôt que les non fumeurs.

  • Le diabète

  • L’obésité

  • Une pancréatite chronique (le plus souvent, secondaire à un abus prolongé d’alcool) peut favoriser la survenue d’un cancer

  • Le rôle de l’alimentation est encore discuté. Il est probablement modeste. Certaines études ont montré qu’une alimentation riche en graisses animales et en protéines augmenterait le risque. A l’inverse, une alimentation pauvre en graisse, en viande et riche en fibres et en légumes, combinée à une activité physique régulière pourrait avoir un effet préventif.


> Facteurs de risque constitutionnels

  • Certaines tumeurs bénignes du pancréas peuvent se transformer en cancer. C’est pourquoi elles font parfois l’objet d’une ablation, de manière préventive.


> Facteurs de risque génétiques

  • Des mutations de certains gènes

    • Le gène BRCA2, qui prédispose au cancer du sein et de l’ovaire

    • Le syndrome du mélanome familial (FAMMM), qui prédispose aux mélanomes (mutation du gène « p16 »)

 

  • Des antécédents familiaux de cancer du pancréas

Lorsqu’il y a plusieurs cas de cancer du pancréas dans la famille (« agrégation »), sans mutation connue.

En cas de mutation des gènes BRCA2 ou p16, dans une famille où il y a déjà eu des cas de cancer du pancréas, on peut envisager un dépistage annuel chez les apparentés à partir de 45 ans dans des centres spécialisés en prise en charge du cancer du pancréas. (IRM et écho-endoscopie).
Ce dépistage doit aussi être envisagé en cas d’ « agrégation » de cancer du pancréas.

 

  • La pancréatite chronique de type héréditaire (PCH), d’origine génétique, est une affection très rare qui augmente le risque de façon importante de survenue d’un cancer du pancréas. Les personnes qui en sont atteintes doivent se faire suivre dans un centre spécialisé.


Si vous présentez un ou des facteurs de risque de cancer du pancréas, il est d’autant plus important de ne pas fumer, d’équilibrer votre alimentation et de maintenir une activité physique.

 

Symptômes du cancer du pancréas

Au début, le cancer du pancréas ne provoque généralement aucun symptôme. Ceux-ci apparaissent lorsque la tumeur se développe et ils varient en fonction de sa localisation.

Quelques signes doivent mettre la puce à l’oreille :

  • Une douleur intense et lancinante dans le creux de l’estomac. Elle irradie typiquement sous les côtes et dans le dos, en ceinture.

  • Un amaigrissement important et rapide, souvent lié à une perte d’appétit.

  • Une coloration jaune de la peau (ictère, aussi appelée jaunisse). Elle est en fait due à l’obstruction de la voie biliaire par la tumeur.

 

D’autres symptômes peuvent survenir :

  • Des vomissements, survenant souvent après les repas

  • L’apparition d’un diabète

  • Une phlébite survenue sans raison (pas après une intervention, ni un alitement, ou un long voyage en avion)

 

Diagnostic du cancer du pancréas

Lorsque des symptômes mènent le gastro-entérologue à suspecter un cancer du pancréas, il va prescrire une série d’examens.
Le scanner est un examen simple et performant pour détecter la tumeur.
L’IRM peut aussi le permettre mais cet examen est souvent moins accessible.

A ce stade, soit on décide d’opérer tout de suite pour enlever la tumeur.  Soit une biopsie est réalisée pour confirmer le diagnostic et discuter le traitement.
Celle-ci est réalisée au moyen d’une écho-endoscopie : une sonde est introduite par la bouche dans l’œsophage, jusqu’à l’intérieur de l’estomac et du duodénum.
 
L’écho-endoscopie peut parfois utilement compléter les données du scanner au niveau de l’étendue du cancer :

  • la taille et le développement de la tumeur vers d’autres organes ou vaisseaux sanguins

  • l’atteinte des ganglions lymphatiques par des cellules cancéreuses

Mais son intérêt principal est de permettre la réalisation d’une biopsie pour affirmer le diagnostic du cancer.
Ces éléments sont déterminants pour le choix du traitement. La chirurgie n’est utile que pour une tumeur sans métastase, limitée au pancréas.

 

Traitements du cancer du pancréas

La chirurgie est le traitement de prédilection du cancer du pancréas. Elle consiste à enlever la partie du pancréas sur laquelle la tumeur s’est développée.
Cette option n’est toutefois possible que pour 15% des cancers.

La chimiothérapie
Elle peut être utilisée dans différents cas :
La chimiothérapie

  • néoadjuvante est administrée avant l’opération pour réduire la taille de la tumeur et faciliter une éventuelle opération ultérieure.

  • adjuvante est administrée après l’opération, par mesure de sécurité. Elle vise à détruire les éventuels foyers microscopiques des cellules tumorales qui peuvent passer inaperçus aux yeux du chirurgien.

  • pour tumeur « avancée » (vers les veines ou artères qui entourent le pancréas) est réalisée dans le cas où la chirurgie n’est pas possible car le cancer est trop étendu. Elle permet de contrôler l’évolution de la tumeur.


> Les 3 chimiothérapies les plus courantes :

  • La gemcitabine

  • L’assocation Folfirinox

  • Le nab-paclitaxel

Le choix des molécules se fait en fonction du profil du patient et de sa tumeur. Elles peuvent être utilisées à tour de rôle.

La radiothérapie peut être envisagée dans certains cas :

  • Comme traitement néoadjuvant, pour réduire la tumeur avant l’opération. (C’est toutefois la chimiothérapie, le standard)

  • Lorsque la tumeur n’est pas opérable mais qu’il n’y a pas de métastases (« localement avancée »).


À lire aussi
La pancréatite
La cholécystite


Sources
*Le cancer du pancréas en question, Prof. Thierry André et Pascal Hammel, Fondation A.R.C.A.D., 2012
Article réalisé en collaboration avec le Pr Pascal Hammel, gastro-entérologue au Centre Hospitalier de Beaujon, Université Paris VII-Denis Diderot, Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP)


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Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 26/05/2014

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