Le cancer du foie

Les symptômes et les traitements du cancer du foie
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Le cancer du foie est relativement rare mais généralement agressif. En France, on dénombre quelque 8.200 nouveaux cas par an. Environ 80 % de ces cancers sont imputables à l’alcool.

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Julie Luong
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 14/03/2017

Cancer du foie : plus fréquent chez les hommes

Avant toute chose, il faut différencier le cancer primitif du foie qui se développe à partir des cellules du foie, des métastases qui correspondent à des cellules cancéreuses se multipliant dans le foie et provenant d’une tumeur située ailleurs (on parle alors de cancer secondaire du foie). Ces tumeurs au foie peuvent être des métastases d’un cancer du côlon ou du sein par exemple.
Il sera question dans cet article du cancer primitif du foie. 80 % de ces cancers du foie touchent les hommes, avec un âge de survenue moyen de 63 ans.
La plupart des cancers primitifs du foie se développent à partir des cellules du foie, les hépatocytes. On parle alors de carcinomes hépatocellulaires ou hépatocarcinomes.  
Plus rarement, la tumeur peut se développer à partir de cellules des canaux biliaires qui relient le foie, la vésicule biliaire et l’intestin grêle (cholangiocarcinome) ou à partir de vaisseaux sanguins (hémangioendothéliome épithélioïde).

 

Les facteurs de risque du cancer du foie

Le cancer du foie se développe le plus souvent sur un foie déjà atteint d’une cirrhose. Cette maladie chronique se traduit par la formation de tissu fibreux empêchant le fonctionnement normal du foie. Elle peut être due à l’alcool, à une hépatite B ou à une hépatite C.
L’obésité et le syndrome métabolique (combinaison chez une personne d’un surpoids, d’une pression artérielle élevée, d’un taux de sucre sanguin élevé et d’un taux élevé de triglycérides) sont également des facteurs qui augmentent le risque de cancer du foie, car ils peuvent entraîner un excès de graisses dans le foie (stéatose hépatique non alcoolique).

 

Les symptômes du cancer du foie

Le cancer du foie peut se manifester par

  • un amaigrissement important,

  • une perte d’appétit,

  • des nausées,

  • des douleurs dans la partie supérieure droite de l’abdomen, voire une masse détectable à la palpation.

À un stade plus avancé de la maladie, d’autres signes peuvent apparaître : accumulation de liquide dans le péritoine avec gonflement de l’abdomen, jaunisse au niveau de la peau et des yeux, etc.

 

Le diagnostic du cancer du foie

L’échographie permet de détecter une masse suspecte au niveau du foie.
Le scanner et/ou l’IRM confirment le diagnostic mais servent aussi à repérer d'éventuels autres nodules et extensions de la tumeur sur d'autres organes.
Une analyse de sang est également effectuée pour mesurer le taux d’alpha-fœtoprotéine, un marqueur tumoral qui augmente généralement de manière significative en cas de cancer du foie.
Enfin, une biopsie (prélèvement de cellules du foie) est parfois pratiquée pour confirmer le diagnostic.

 

Le traitement du cancer du foie

  • La chirurgie et la radiofréquence

L’une des options de traitement est de procéder à l’ablation du foie. Celle-ci peut être totale ou partielle. L’ablation partielle du foie est réservée aux tumeurs de petites tailles localisées. Mais bien souvent, on procède à une ablation totale. En effet, un cancer du foie se développe généralement sur un foie déjà malade. Il ne comporte donc pas suffisamment de tissus sains pour pouvoir se régénérer et fonctionner normalement après une ablation partielle.

Dans le cas d’une ablation totale, une greffe doit être envisagée : en effet, on ne peut pas vivre sans foie.

La destruction de la tumeur par radiofréquence est aussi une alternative pour les tumeurs de petite taille : elle consiste à diffuser un courant électrique directement sur la tumeur grâce à une électrode introduite via une incision au niveau de l’abdomen.

  • La chimio-embolisation

La chimio-embolisation est indiquée pour les patients qui présentent plusieurs foyers tumoraux et/ou volumineux et qui ne peuvent bénéficier ni d’une chirurgie ni d’un traitement par radiofréquence. Elle consiste à délivrer au niveau du site tumoral des médicaments de chimiothérapie ainsi qu’un produit « d’embolisation » liquide ou solide (microbilles) qui bloque la circulation sanguine alimentant la tumeur en oxygène et en nutriments.

  • La radiothérapie

La radiothérapie est rarement utilisée pour traiter un cancer du foie : elle nécessite une intensité de rayonnement susceptible d’endommager les tissus alentours. Elle est néanmoins parfois proposée à titre palliatif pour soulager certains symptômes. Par ailleurs, les nouvelles technologies de radiothérapie permettent de concentrer avec plus de précision l’irradiation sur la zone tumorale. C’est pourquoi on peut aujourd’hui proposer cette option à de plus nombreux patients.

  • Les thérapies ciblées

Le sorafénib et le régorafénib sont des inhibiteurs de protéine kinase : ils ralentissent la progression du cancer en agissant sur la vitesse de croissance des cellules cancéreuses et en empêchant le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur. Ces médicaments sont indiqués lorsque la localisation ou l’extension de la tumeur rend impossible tout autre traitement ou lorsque les traitements précédents n’ont pas donné les résultats attendus.  

 

La prévention du cancer du foie

Le cancer du foie fait partie des cancers dont les facteurs de risque sont bien identifiés : consommation excessive d’alcool, hépatites chroniques et syndrome métabolique.
En prévenant ces facteurs, notamment en adoptant un mode de vie sain et équilibré, on peut diminuer le risque de survenue de cancer du foie : réduire sa consommation d’alcool, manger sainement, faire de l’exercice physique et arrêter de fumer.  
En cas de cirrhose avérée, une échographie doit être réalisée tous les six mois afin d’identifier une éventuelle évolution cancéreuse.

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Source
Merci au Pr Jean-Frédéric Blanc, chef du service d’hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive au CHU de Bordeaux.


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Rédigé par : Julie Luong
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 14/03/2017

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