Immunothérapie : une (r)évolution en marche ?

Immunothérapie : stimuler le système immunitaire pour tuer des cellules cancéreuses
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Stimuler le système immunitaire pour qu’il se débarrasse des cellules cancéreuses, quelle merveilleuse idée ! Reste à savoir comment s’y prendre… Et en la matière, les pistes – et les points d’interrogation – ne manquent pas…

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 04/05/2017

Serions-nous sur le point de franchir un cap dans la lutte contre le cancer ? « Oui, ce qui se passe en ce moment dans le domaine de la recherche est très prometteur. Je n’ai pas vu ça depuis 30 ans », s’enthousiasme José Cohen. « De nouveaux traitements qui bloquent le signal négatif qu’envoient les tumeurs aux cellules du système immunitaire pour les rendre inactives permettent aujourd’hui d’obtenir des résultats impressionnants… »

 

Immunothérapie : des effets spectaculaires…

Un exemple ? « Nous avons eu des cas de patients atteints d’un mélanome de la peau dont l’espérance de vie était de 3 mois il y a encore quelques années. Cinq ans après avoir pu bénéficier d’une immunothérapie, certains d’entre eux sont toujours vivants et leur maladie ne montre plus de signe d’activité », confirme le Dr Emanuela Romano, responsable du Programme d'Immunothérapie au sein de l’Institut Curie. « Dans la prise en charge d’un sous-type de cancer du poumon métastatique, l’immunothérapie va même devenir d’ici peu le traitement de première intention – en fonction du niveau d’inflammation de la tumeur – à la place de la chimiothérapie. »

 

Immunothérapie : une efficacité variable

Traitement miracle ? Pas pour autant… Il y a en effet un bémol à la clé : ces nouveaux traitements ne sont efficaces que chez certains patients et dans certains types de cancer. « En général, un tiers des patients tire des bénéfices de l’immunothérapie, et parmi ces personnes un nouveau tiers bénéficie d’une réponse spectaculaire. » Une minorité donc, mais une note d’espoir néanmoins… D’autant que certains chercheurs tentent de mettre au point des moyens d’évaluer quels patients répondront mieux aux traitements, ou encore de rendre ces traitements prometteurs accessibles à un maximum de personnes !

 

Un arsenal toujours plus complet

Que peut-on attendre demain des immunothérapies ? « Le traitement du cancer reste et restera l’association de la prévention, de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la radiothérapie, et maintenant de l’immunothérapie… C’est ce qui va profondément révolutionner la prise en charge du cancer : une meilleure prévention et un arsenal thérapeutique élargi qui combinent intelligemment les différentes options de traitements. Mais nous sommes bien à un véritable tournant ! »  À tel point que si les premiers résultats se confirment, ces nouveaux traitements pourraient représenter un bouleversement équivalent à ce qu’a été l’arrivée des chimiothérapies il y a quelques décennies déjà dans la prise en charge du cancer.

 

Plus efficaces chez les gros fumeurs ?

Dans une forme très défavorables de cancer du poumon, un essai clinique a révélé que le traitement par immunothérapie était plus efficace chez les patients fumeurs que chez les non-fumeurs. Illogique ? Au contraire ! Ceux qui ont été le plus exposés aux agents cancérogènes du tabac présentaient des cellules cancéreuses qui contenaient plus de mutations, c’est-à-dire qui étaient « plus anormales ». Une fois le système immunitaire réactivé, les cellules cancéreuses étaient donc d’autant plus facilement reconnues comme étrangères et éliminées.

 

Effets secondaires de l'immunothérapie : rares mais graves ?

L’immunothérapie est en général mieux tolérée que la chimiothérapie. Et pour cause, ses effets secondaires ne sont pas systématiques. Chez 5 % des patients traités, des problèmes de toxicité peuvent toutefois survenir : simples syndromes pseudo-grippaux, complications cutanées comme le vitiligo (à l’origine d’une dépigmentation de la peau), diabètes auto-immuns ou d’autres complications potentiellement graves… Mieux comprendre comment et pourquoi ces effets secondaires surviennent sera donc une des clés pour pouvoir pousser plus avant ces nouveaux traitements.

 

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Source
Merci au Pr José Cohen, Directeur d’une équipe INSERM au sein de l’Institut Mondor de Recherche Biomédicale et Coordonnateur du Centre d’Investigation Clinique en Biothérapie à l’Hôpital Henri Mondor de Créteil, et au Dr Emanuela Romano, chercheuse INSERM, oncologue médicale, responsable du Programme d'Immunothérapie au sein de l’Institut Curie.


 


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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 04/05/2017

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