Le cancer de la thyroïde

Les symptômes et les traitements du cancer de la thyroïde
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Chaque année, environ 4.000 cancers de la thyroïde sont diagnostiqués en France. En augmentation, le cancer de la thyroïde est aussi mieux traité, avec un taux de guérison de près de 90 % et peu de récidives.

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A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Julie Luong
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 24/03/2014

La thyroïde

La thyroïde est un petit organe situé à la base du cou et formé de deux lobes. Chez l'homme adulte, elle pèse entre 20 et 30 grammes. Cette glande intervient dans toutes les fonctions vitales de l’organisme, comme la croissance du squelette et le développement du système nerveux. L’iode, un oligo-élément, est le carburant de la thyroïde.
La thyroïde sécrète deux types d’hormones : l’hormone T4 (thyrotoxine) et l’hormone T3 (trilodothyronine). Ces hormones vont réguler tous les grands systèmes de l’organisme et régissent la dépense de nos « carburants » : lipides, protéines et sucres.

 

Thyroïde : nodules et cancer

La thyroïde peut être le siège de nodules, des « petites boules » au niveau du cou. Ces nodules sont très fréquents et généralement bénins. Ils sont deux à trois fois plus fréquents chez les femmes. Ainsi, 4 à 7 % des femmes présentent des nodules détectables à la simple palpation. L’échographie permet d’en observer chez plus de 50 % des femmes de plus de 50 ans. 95 % des nodules sont bénins mais les 5 % restants sont des cancers.

 

Les facteurs de risque du cancer de la thyroïde

  • La radiothérapie

L'exposition aux radiations, en particulier pendant l'enfance, augmente le risque de développer un cancer de la thyroïde dans le futur. Ainsi, un antécédent de radiothérapie externe de la tête, du cou ou de la partie supérieure du thorax est un facteur de risque. Les techniques actuelles de radiothérapie permettent heureusement de limiter l'irradiation de la thyroïde.

 

  • Accidents et essais nucléaires

On sait par ailleurs que la contamination liée à l’accident de Tchernobyl en 1986 a provoqué une augmentation importante du nombre de cancers de la thyroïde dans cette région. Par ailleurs, les habitants de Polynésie française où des essais nucléaires ont été réalisés entre 1966 et 1974 ont un risque légèrement augmenté de développer un cancer de la thyroïde.(1)

 

  • Le risque familial

Entre 3 et 5 % des patients atteints d’un cancer de la thyroïde ont un parent qui est lui-même atteint d’un cancer de la thyroïde. Il semble donc que des facteurs génétiques et/ou environnementaux (alimentation par exemple) soient impliqués.

 

Cancer de la thyroïde : les symptômes

Le cancer de la thyroïde se développe le plus souvent sans symptômes particuliers. La présence de nodules palpables, une gêne à respirer ou avaler et parfois une voix plus rauque doivent inciter à consulter.

 

Cancer de la thyroïde : le diagnostic

  • La palpation et la prise de sang

La palpation permet de déceler la présence de nodules. La prise de sang va servir à doser les hormones thyroïdiennes ainsi que certains bio-marqueurs en lien avec certains cancers de la thyroïde.

 

  • L’échographie

L’échographie cervicale permet d’examiner les caractéristiques des nodules ainsi que les chaînes ganglionnaires du cou.

 

  • La scintigraphie

Cet examen permet de distinguer le caractère « froid » d’un nodule. Les nodules sont dits « froids » quand ils ne sont pas producteurs d’hormones. Ils sont plus susceptibles d’évoluer en cancer.

 

  • La ponction

La ponction à l’aiguille fine permet de prélever des cellules dans un nodule. L’examen au microscope permet ensuite de confirmer la présence d’un cancer et de déterminer son type. Les plus fréquents sont les cancers dits « papillaires » et, dans une moindre mesure, les cancers dits « folliculaires ». Les cancers anaplasiques et médullaires sont plus rares. Déterminer le type de cancer permet en partie d’orienter le traitement.

 

Les traitements du cancer de la thyroïde

  • La thyroïdectomie totale

L’ablation chirurgicale de la thyroïde est la première étape du traitement. Elle est nécessaire pour éviter l’extension du cancer.

 

  • La prise de thyroxine (T4)

L’ablation de la thyroïde suppose d’alimenter artificiellement l’organisme en hormones thyroïdiennes, en l’occurrence l’hormone T4 (thyroxine) qui permet aussi à l’organisme de produire de la T3 (trilodothyronine). Ce traitement doit être pris à vie.

 

  • L’iode 131

Après l’intervention, de l’iode 131 – un isotope radioactif qui se comporte comme l’iode naturel et se fixe donc sur les tissus thyroïdiens – est généralement administré. L’iode 131 permet en effet de détruire les tissus thyroïdiens et les cellules cancéreuses résiduelles mais aussi de voir si des tissus thyroïdiens cancéreux n’ont pas migré vers d’autres parties du corps (métastases).
Ce traitement nécessite quelques jours d’isolement en milieu hospitalier (pas de visites), en raison du risque de radioactivité.
Une surveillance sera ensuite mise en place mais, heureusement, les récidives sont rares. Aujourd’hui, 90 % des cancers de la thyroïde guérissent.

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Sources
Interview du Dr Vincent Geenen, endocrinologue
(1) De Vathaire et coll., « Thyroid cancer following nuclear tests in French Polynesia », British Journal of Cancer, 31 août 2010.


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Rédigé par : Julie Luong
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 24/03/2014

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