Tumeurs cérébrales : quels traitements ?

Comment traiter la tumeur cérébrale
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Les tumeurs cérébrales se développent au sein du cerveau. Dans 60 % des cas, il s’agit de métastases d’un cancer situé dans une autre partie du corps.

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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 03/11/2014

Différents types de tumeurs cérébrales

On distingue deux types de tumeurs cérébrales :

 

  • Les tumeurs primitives, qui se sont développées à partir du tissu cérébral.
    Les plus fréquentes sont les gliomes de grade 2 (tumeurs précancéreuses), 3 & 4 (tumeurs cancéreuses malignes).
    Les tumeurs bénignes du cerveau sont exceptionnelles.
     

  • Les métastases, qui se sont développées dans le cerveau suite à un cancer dans une autre partie du corps (le plus souvent des cancers du poumon ou du sein).

 

Il faut les distinguer des tumeurs qui se développent dans la boite crânienne, mais en dehors du cerveau (tumeur des méninges, de la gaine des nerfs…).

 

Tumeurs cérébrales : quels symptômes ?

Les symptômes apparaissent généralement de manière progressive, sur quelques semaines ou quelques mois. À la différence des symptômes dus à un AVC, qui apparaissent brutalement.

 

  • Crise d’épilepsie : la tumeur irrite la surface du cerveau, ce qui provoque une décharge électrique des neurones inappropriée.
     

  • Déficits, qui varient en fonction de la localisation de la tumeur

    • Troubles moteurs (difficulté à utiliser les membres supérieurs ou inférieurs par exemple)

    • Troubles de la parole (aphasie)

    • Troubles de la vue (par compression du nerf optique : baisse de l’acuité visuelle ou atteinte du lobe occipital : troubles du champ visuel)

    •  Troubles intellectuels (déclin cognitif)

    • Troubles du comportement (désinhibition, euphorie ou au contraire symptômes dépressifs)

    • Troubles de la mémoire
       

Le diagnostic des tumeurs cérébrales

Face à des symptômes neurologiques, le médecin va d’abord prescrire un scanner cérébral pour éliminer un éventuel problème vasculaire (accident vasculaire cérébral ).

Ensuite, il demandera un IRM cérébral (Imagerie par Résonance Magnétique) donnant des images plus précises, qui permet de mieux distinguer le type de lésion.

S’il s’agit d’une tumeur cérébrale, il faut réaliser un scanner du corps entier afin de rechercher d’autres lieux d’apparition du cancer et ainsi vérifier s’il s’agit d’une métastase ou d’une tumeur primitive.

 

Traitements des tumeurs cérébrales

La chirurgie est le traitement de référence des tumeurs du cerveau. La radiothérapie et/ou la chimiothérapie sont utilisées en complément, ou lorsque la chirurgie n’est pas possible.

 

Le neurochirurgien va tenter d’extraire un maximum de tissus cancéreux, sans toucher de zones importantes du cerveau, ce qui pourrait provoquer des handicaps.

Si la tumeur est trop étendue ou si elle est située dans une zone très fonctionnelle qui implique la motricité, le langage ou la vision… , il n’est parfois pas possible de l’enlever. Dans ce cas, on se contentera d’une biopsie pour évaluer l’agressivité de la tumeur et on proposera de la chimiothérapie et/ou de la radiothérapie.

 

> Opérer éveillé

Une nouvelle technique permet à présent d’opérer quand même certaines tumeurs situées dans une zone sensible. Elle consiste à réveiller le patient durant l’intervention (une fois que le crâne est ouvert) pour tester les différentes régions proches de la tumeur et savoir lesquelles doivent être absolument préservées car elles sont cruciales au langage, à la motricité…

Muni d’une petite sonde qui envoie un courant de faible intensité, le neurochirurgien stimule différentes zones du cerveau (ce qui les perturbe) pendant que le patient est en train de parler par exemple. S’il commence à buter sur ses mots, le chirurgien sait qu’il ne faut pas toucher cette zone.

Le cerveau étant totalement indolore, le patient ne souffre pas du tout durant l’opération. Il est par contre endormi lorsque le chirurgien ouvre et referme le crâne.

 

Séquelles et rééducation

Si le neurochirurgien fait tout pour éviter les séquelles neurologiques définitives, il arrive fréquemment que l’opération provoque des séquelles transitoires. Heureusement, la rééducation donne de très bons résultats. En fonction du type de déficit, celle-ci sera différente : exercices pour améliorer la motricité, la parole, réapprendre les mécanismes d’intégration de la mémoire…

 

Suivi postopératoire

Une personne qui a été opérée d’une tumeur cérébrale doit être suivie à vie. Elle devra réaliser un IRM tous les 3 mois (puis tous les 6 mois) pour vérifier que la tumeur ne récidive pas. 

 

Tumeurs cérébrales : quel pronostic ?

Le pronostic varie fortement d’une tumeur à l’autre et de la proportion de la tumeur qui a pu être enlevée chirurgicalement.

Dans le cas d’un gliome de grade 2 (précancéreux), le fait d’enlever 90-95 % de la tumeur permet parfois de mettre les patients en rémission. Certains patients opérés il y a 25 ans jouissent encore aujourd’hui d’une vie normale, sans déficit ! 

Le pronostic des gliomes de grade 3 et 4 est malheureusement plus sombre. 

 

Dans le cas d’une métastase cérébrale, le pronostic dépend à la fois du contrôle de la tumeur cérébrale, mais aussi de celui de la tumeur primitive ainsi que de la présence ou non de métastases ailleurs dans le corps.

 

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Source

Merci au Pr Philippe Metellus, neurochirurgien au Centre Hospitalier de la Timone (AP-HM) à Marseille et spécialiste de la chirurgie sur patient éveillé.


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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 03/11/2014

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