Les troubles digestifs

Les troubles gastriques et les troubles intestinaux
25 avis

Chaque année plus de 8 millions de personnes interrogent leur pharmacien ou consultent leur médecin parce qu'ils souffrent de troubles digestifs.  Ces troubles sont souvent bénins mais cependant ils ne doivent pas être négligés car ils sont parfois l'expression d'une maladie plus grave (ulcère...). Leur persistance nécessite toujours une consultation médicale.

AU SOMMAIRE DE CET ARTICLE
A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Jean-Pierre Roy, Pharmacien
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/06/2015

Les diverses pathologies digestives

La pathologie digestive regroupe des symptômes très variés, qu'il est nécessaire de faire préciser afin de bien les interpréter pour les traiter. Dyspepsie, maux d'estomac, intestin irritable, troubles du transit sont les plaintes les plus souvent exprimées.

Les maux d'estomac toucheraient 40 % des Français de plus de 18 ans.

La digestion permet à notre organisme de transformer les aliments en nutritifs simples capables de passer dans la circulation sanguine. Ce processus physiologique essentiel implique des phénomènes mécaniques (broyage dans la bouche, brassage dans l'estomac...), chimiques (action de la salive, action du suc gastrique, du suc pancréatique...).

Les troubles décrits par les patients sont nombreux et variés puisqu'ils peuvent concerner chacun des organes qui constituent l'appareil digestif.

 

Les troubles gastriques

 

  • La dyspepsie

Plainte mal définie, la dyspepsie regroupe les différentes sensations de digestion difficile non reliées à une atteinte organique de l'estomac ou de la vésicule biliaire. Les symptômes variés sont : pesanteur épigastrique (épigastre: partie supérieure de l'estomac) après les repas, nausées ou vomissements, aérophagies, éructations et épigastralgies (douleur de l'épigastre) calmées par la prise d'aliments. L'ensemble des troubles peut être dû à un véritable dysfonctionnement de l'estomac.     

Le syndrome dyspeptique, considéré souvent comme une pathologie banale sans lésions organiques sous-jacentes, est un motif fréquent de consultation : 1 à 3 % de la population. Certains facteurs peuvent être incriminés dans l'apparition de la dyspepsie : repas trop copieux ou trop rapide, alimentation trop riche, stress, abus de tabac.

 

  • Le reflux gastro-oesophagien (RGO)

À l'origine d'une douleur au niveau de l'œsophage ou de l'estomac (épigastralgie), le reflux gastro-œsophagien correspond à une remontée anormale du contenu acide de l'estomac dans l'œsophage. Le RGO est très fréquent: presque un adulte sur deux se plaint d'un épisode par mois; 5 à 10 % de la population souffre d'un épisode quotidien. Le principal symptôme est une sensation de brûlure, le pyrosis, qui part de l'estomac et remonte jusqu'à la gorge. Celle-ci est due à des régurgitations acides.     

L'acidité gastrique peut entraîner à la longue des lésions inflammatoires ou ulcéreuses de la muqueuse œsophagienne : l'œsophagite.

 

  • L'ulcère gastrique et duodénal

 La maladie ulcéreuse consiste en une altération en profondeur d'une zone limitée de la muqueuse de l'estomac ou du duodénum (portion initiale de l'intestin grêle).     

La douleur ulcéreuse se traduit, de façon intermittente, par des sensations de crampes que l'on ressent à distance des repas (2 à 3 heures plus tard) et calmées par la prise d'aliments. L'ulcère évolue par crises avec des périodes d'accalmie.    

Certains facteurs contribuent à l'apparition d'ulcères : hérédité, sexe masculin, stress et anxiété. Le rôle d'une bactérie, Helicobacter pylori a été mis en évidence dans le processus inflammatoire chronique de la muqueuse. Ce germe prolifère à la surface des cellules de la paroi stomacale, et détruit la substance protectrice de celle-ci. Apparaît alors une irritation voire une destruction de la muqueuse par les sucs gastriques.

 

Troubles gastriques : les traitements

Devant la diversité des troubles évoqués, les médicaments pouvant être prescrits ou conseillés sont nombreux. A chaque symptôme son traitement.   

La liste qui suit n'est pas exhaustive, certaines maladies organiques, parfois graves, à l'origine de troubles digestifs nécessitent des traitements spécifiques qui ne sont pas envisagés ici.

    

  • Les antiacides neutralisent l'acidité gastrique de façon rapide mais limitée dans le temps, en assurant une protection de la muqueuse œsophagienne et gastrique, sans intervenir directement sur les mécanismes de la sécrétion gastrique. Attention, les antiacides diminuent l'absorption d'autres médicaments : ils doivent être pris à distance de ceux-ci, environ une à deux heures après les repas.    

  • Les pansements gastro-duodénaux forment un film protecteur sur la muqueuse en la protégeant de l'acide ou des substances irritantes.    

  • Les anti-sécrétoires bloquent la sécrétion acide de l'estomac. Prescrits à certaines doses dans le cas d'ulcère et de reflux gastro-œsophagien, ils agissent rapidement pour calmer la douleur et facilitent la cicatrisation des lésions.     

  • Les antibiotiques peuvent être utilisés (en association avec un anti-sécrétoire) en cas de présence d'Helicobacter Pylori.     

  • Les antispasmodiques en cas de douleur modifient la motricité de l'estomac et font disparaître les crampes douloureuses.     

  • Les cholagogues stimulent la libération de la bile stockée dans la vésicule et les cholérétiques augmentent la sécrétion biliaire du foie et facilitent la digestion.

 

Les troubles intestinaux

 Ils représentent environ deux tiers des consultations chez les gastro-entérologues et un quart chez les médecins généralistes.     

Les patients se plaignent le plus souvent de troubles du transit (diarrhée ou constipation) mais aussi de douleurs abdominales dont les causes diagnostiquées sont: une colopathie fonctionnelle (13 % des consultations), une colite, un intestin ou colon irritable.

 

  • La colopathie fonctionnelle

Elle associe des douleurs abdominales, des ballonnements et des troubles du transit. La constipation, signe le plus fréquent, est lié à un ralentissement du bol fécal dans le colon et à la disparition du besoin de défécation.

Une augmentation de la production de gaz colique apparaît, liée à un dysfonctionnement de la flore bactérienne locale mais également à un processus anormal de fermentation.     

Ballonnements et flatulences sont alors source de spasmes et de crampes douloureuses. Les troubles psychologiques (stress, anxiété ... ) associés à une alimentation irritant les muqueuses (boissons alcoolisées, épices, café, thé ... ) sont souvent à l'origine de ces perturbations.

 

  • La constipation

Elle touche 1/3 de la population française et plus particulièrement les femmes (2 à 3 fois plus que les hommes) se définit comme une évacuation difficile ou rare des matières fécales. Le symptôme peut se traduire aussi par une difficulté lors de la défécation qui entraîne des selles dures et déshydratées. On peut parler de constipation quand la fréquence des selles est inférieure à une selle tous les 3 jours. Il est faux de croire que la défécation doit être quotidienne d'où de fausses interprétations de constipation.     

Il est indispensable de laisser l'intestin fonctionner à son rythme. Mais un changement d'habitude, de régime, un décalage horaire, un voyage, un alitement prolongé peuvent expliquer une constipation récente et isolée. Elle est dite occasionnelle. Certaines personnes souffrent de constipation chronique due le plus souvent à un trouble fonctionnel. Par exemple le trouble de la progression colique (l'intestin est dit paresseux) provoque une constipation chez des personnes ayant une alimentation souvent pauvre en fibres et une vie sédentaire.     

Certaines maladies constituent des causes d'aggravation de la constipation : sténose du pylore (rétrécissement de la partie terminale de l'estomac), cancers gastro-intestinaux, hémorroïdes ou abcès anaux.     

Le diabète, l'hypothyroïdie, l'insuffisance rénale peuvent entraîner une constipation. De même que certains médicaments : antiacides, antidépresseurs, barbituriques, antitussifs, antihistaminiques.

 

  • La diarrhée

A l'inverse, elle se définit comme une augmentation du volume, de la fluidité ou de la fréquence des selles par rapport aux habitudes du patient. Symptôme relativement fréquent et généralement bénin, il peut avoir des origines diverses : intoxication alimentaire, infections bactériennes, virales ou parasitaires. Une diarrhée persistante peut être liée à une maladie générale (pancréatite, hyperthyroïdie ... ), à une pathologie colique inflammatoire ou encore révélée une présence de parasites intestinaux.

Les diarrhées aiguës sont le plus souvent d'origine infectieuse.

 

Troubles intestinaux : les traitements

  • Les anti-flatulents et absorbants (charbons actifs) ont pour rôle d'absorber les gaz formés en excès.   

  •  Les laxatifs dans le traitement de la constipation facilitent le transit par des mécanismes différents. Les laxatifs de lest (gommes, mucilages et fibres) améliorent le transit en augmentant le volume des matières fécales; les laxatifs lubrifiants (huile de paraffine ... ) ramollissent et lubrifient les selles; les laxatifs osmotiques augmentent l'hydratation, le volume du contenu colique, la motricité de l'intestin. Les laxatifs stimulants employés sous forme de suppositoires ou de gels, sont indiqués dans les cas de constipation basse avec difficulté de défécation.

    

  • Le traitement de la diarrhée doit toujours être accompagné d'un régime alimentaire épargnant le travail de l'intestin (diète) et de boisson abondante pour éviter la déshydratation.

Les médicaments prescrits ou conseillés sont les suivants :

  • les topiques adsorbants (argiles, charbons) doués de propriétés adsorbantes ;

  • les antiseptiques intestinaux prescrits dans les diarrhées présumées d'origine bactérienne pour empêcher la prolifération des germes ;

  • les ralentisseurs de transit qui agissent en freinant le transit intestinal ;

  • les antibiotiques qui peuvent être prescrits après la mise en évidence de germes pathologiques contre lesquels il est indispensable de lutter.

 

Troubles digestifs et d'hygiène de vie

Pour prévenir les troubles digestifs :

  • Avoir une alimentation variée et équilibrée.

  • Manger dans le calme et en y consacrant le temps nécessaire et si possible à heures fixes.

  • Boire suffisamment d'eau dans la journée.

  • Éviter dans la mesure du possible stress et anxiété.

  • Observer une bonne hygiène de vie générale : sommeil suffisant, exercice physique.

  • Éviter la vie sédentaire. Limiter la consommation d'alcool, supprimer le tabac.

  • En cas de diarrhée, il est recommandé de s'hydrater et d'observer une diète alimentaire. Penser devant la persistance de troubles digestifs, même bénins, à consulter son médecin.

 

À lire aussi

Les troubles gastriques

Inflammation de l'intestin

Diarrhées et troubles du transit : quelle alimentation ?


Haut de page

A PROPOS DE CET ARTICLE
Rédigé par : Jean-Pierre Roy, Pharmacien
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 09/06/2015

Cet article vous a plu ? Faites le savoir :
25 avis

Voir aussi

La recherche avance pour les MICI
Maux de ventre, diarrhées, constipation…, derrière ces symptômes tabous se cachent parfois des malad…
Les remèdes contre les ballonnements et les flatulences.
Douleurs, ballonnements, troubles du transit..., un Français sur 4 souffre de troubles intestinaux q…
Il survient quand on veut se faire discret et son « hic » sonore et répétitif nous fait tenter les m…