Microbiote, ces bactéries qui nous veulent du bien

Alimenter sa microbiote
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Grâce à la recherche, notre intestin est passé de l’ombre à la lumière : il abrite en effet des milliards de micro-organismes qui composent le microbiote, précieux garant de notre santé. Bienvenue dans le monde merveilleux des bactéries, des champignons et des virus !

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Rédigé par : Comité éditorial Giphar
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 06/09/2018

Nous sommes tous colonisés par environ deux kilos de micro-organismes. Ces bactéries, virus et champignons, présents à l’intérieur et à l’extérieur de notre corps, forment ce que l’on appelait hier la flore et, aujourd’hui, le microbiote. La majorité d’entre eux se trouvent dans notre intestin, mais on en trouve également sur la peau, dans le vagin, le nez, etc.

Depuis un peu plus de dix ans, les études scientifiques consacrées au microbiote se sont multipliées et nous ont fait prendre conscience de son impact sur la santé et de son importance majeure dans les mécanismes immunitaires.

 

Le microbiote intestinal en chiffres 

  • • 100 000 milliards de bactéries (environ 2 kg de micro-organismes) vivent dans notre intestin, soit 2 à 10 fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps.

  • • En moyenne, le microbiote d’une personne en bonne santé comporte 160 espèces de bactéries

  • • L’intestin contient environ 200 millions de neurones

  • • 80 % des cellules immunitaires sont situées dans l’intestin (1)

  • • 5 % de la population française (2) souffrirait du syndrome de l’intestin irritable

 

Le rôle primordial de la microbiote dans le système immunitaire

Contrairement à ce qu’on a longtemps cru, l’intestin n’est pas un organe uniquement dédié au transit des aliments. Il joue également un rôle clé, en aidant l’organisme à se défendre contre les agressions extérieures. En effet, 80% des cellules immunitaires s’y trouvent.

Or, pour bien fonctionner, le système immunitaire intestinal collabore étroitement avec le microbiote. Par exemple, ce dernier empêche les bactéries nocives de coloniser l’intestin, par un mécanisme appelé « effet barrière ». Il favorise aussi la production d’anticorps et de lymphocytes (3) permettant de se défendre contre les germes pathogènes.

Une étude(4) a également montré comment le microbiote peut bloquer les mécanismes allergiques et favoriser la tolérance à de nombreux allergènes, y compris alimentaires.

 

Un allié pour l’organisme

Le microbiote intestinal assure son propre équilibre en puisant dans les aliments que nous ingérons – notamment les fibres alimentaires – d’où l’importance d’un régime varié et équilibré. Dans le même temps, ses milliards de bactéries jouent un rôle direct dans la digestion, en assurant la fermentation des résidus alimentaires que nous ne pouvons digérer, et facilitent l’assimilation des nutriments.

Ces bactéries participent aussi à la synthèse de certaines vitamines (vitamines K, B12, B8) et favorisent l’absorption des acides gras, du calcium, du magnésium


Microbiote intestinal : l’axe intestin-cerveau

On lit ça et là que l’intestin serait notre second cerveau. Cela ne veut pas dire que les deux organes sont à mettre sur le même plan ! Le cerveau est constitué de 80 à 100 milliards de neurones interconnectés, tandis que la paroi intestinale n’en contient que 200 millions environ. Mais il existe bel et bien un axe intestin-cerveau. L’intestin reçoit des informations – faim, émotions, fatigue, etc. –, les traite et envoie des « réponses », tout comme le cerveau. Elles sont transmises par voie nerveuse, mais aussi par voie sanguine, avec la production d’hormones, par exemple. Outre son implication dans la régulation du comportement alimentaire, des études récentes indiquent aussi que le microbiote pourrait jouer un rôle dans la régulation de l’humeur et de la réponse au stress(5).

 

Quand le microbiote se détraque

À l’instar de l’empreinte digitale, chaque microbiote intestinal est unique. Son contenu en bactéries, virus, parasites et champignons dépend de nombreux facteurs et cela débute dès la naissance. Tout au long de notre vie, sa composition évolue selon l’environnement dans lequel nous vivons, selon notre alimentation et les médicaments que nous prenons.

Après une gastro-entérite, un traitement antibiotique, ou du fait d’un régime alimentaire pauvre en fruits et légumes, le microbiote peut être très déséquilibré. Si vous souffrez de diarrhée ou de constipation, ou si vous êtes fréquemment ballonné, il est probable qu’il soit mal en point.


Nourrissez vos bactéries intestinales …

Entretenir son microbiote, s’épargner des problèmes de transit et renforcer ses défenses immunitaires… Tout cela passe d’abord par un régime alimentaire varié et équilibré.

 

  • Faites la part belle aux aliments riches en fibres et limitez votre consommation de sucres, de graisses et de protéines.

  • Les fibres solubles « nourrissent » les bactéries de la flore intestinale. On les appelle les prébiotiques. Tous les fruits et les légumes en contiennent, de même que les légumineuses (lentilles, haricots secs…), les céréales complètes, les fruits à coque (amandes, noix…) et les fruits secs.

  • Les fibres pouvant provoquer des ballonnements, privilégiez les fruits et les légumes cuits.

  • Les aliments prébiotiques champions toutes catégories sont : l’ail, le coeur d’artichaut, la chicorée, les topinambours, l’oignon, le poireau, l’asperge, le riz, l’avoine, la banane et le salsifis… Mais ces aliments, très fermentescibles, ne sont pas toujours les plus digestes. L’emploi de prébiotiques sous forme de compléments alimentaires peut aider les intestins les plus fragiles.

 

Demandez conseil à votre pharmacien.

 

… et réensemencez votre microbiote


Pensez aussi à restaurer votre flore intestinale en la « réensemençant » en bonnes bactéries, appelées probiotiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les probiotiques sont des « micro-organismes (bactéries, levures, champignons) vivants qui, en quantité suffisante, produisent un bénéfice pour la santé(6) ».

Les probiotiques participent en effet à la digestion, jouent un rôle dans l’absorption des nutriments, préviennent les ballonnements, les flatulences, la constipation et renforcent les défenses immunitaires. Les probiotiques les plus connus sont la levure de bière et les ferments lactiques qu’on trouve dans les yaourts.

D’autres aliments fermentés comme le kéfir (une boisson fermentée), le miso (pâte de soja fermenté) – disponibles en magasins bio – et la choucroute en contiennent aussi. De nombreux compléments alimentaires sont aussi disponibles en pharmacie. Ils sont majoritairement composés de bactéries de la famille des Lactobacillus ou des Bifidobacteria, et contiennent le plus souvent deux ou trois souches, chacune ayant une action ciblée.

 

3 questions sur la microbiote à…

 

Philippe Godeberge, Gastro-entérologue, hépatologue et coloproctologue


Plusieurs études démontreraient qu’un « mauvais » microbiote pourrait faire grossir…

Le microbiote intestinal est probablement à l’origine de dérèglements métaboliques comme le surpoids. Mais c’est encore une hypothèse. Il a été montré qu’en greffant le microbiote d’une souris maigre à une souris obèse, celle-ci maigrissait. Mais cette inversion de tendance n’a pas encore de traduction en médecine humaine. Toutefois, nous commençons à découvrir que le microbiote pourrait influencer notre comportement alimentaire.

On découvre soudain que trop d’hygiène peut nuire à la santé.


Comment trouver un juste équilibre ?

L’éloge de la saleté qu’on peut lire ça et là est fantaisiste. Ce n’est pas l’excès d’hygiène et les lingettes bactéricides qui provoquent des déséquilibres, mais l’usage inconsidéré d’antibiotiques, la vie aseptisée que mènent certains enfants dans les villes et les aliments transformés.


Avec l’âge, le microbiote intestinal évolue-t-il ?

On peut observer un phénomène de sénescence du microbiote, dont la composition se modifie. Son évolution est liée à la diminution de la diversité des aliments et de certaines catégories de produits, à la baisse de l’activité physique et à l’augmentation de la consommation de certains médicaments. Une nourriture riche en pré- et probiotiques ainsi que des repas variés permettent d’entretenir son microbiote intestinal.

 

Conseil du pharmacien

« Je recommande plutôt des compléments encapsulés riches en bactéries vivantes (de 5 à 10 milliards). » Émilie Caillet, pharmacien à Grandvillars (Territoire de Belfort)

 

Syndrome de l’intestin irritable : Giphar conseille

Maux de ventre, ballonnement, constipation, diarrhée…
Le syndrome de l’intestin irritable, est sans gravité mais responsable d’une gêne pouvant devenir importante. Ses déclencheurs sont multiples et mal connus mais un déséquilibre du microbiote (dysbiose) pourrait être en cause.

En cas de troubles, limitez votre consommation d’aliments riches en fibres insolubles. Une souche de probiotiques pourrait être efficace : Bifidobacterium infantis 35624, une sous-espèce de Bifidobacterium longum. Elle est disponible en compléments alimentaires, essentiellement sous forme de gélules.
Demandez conseil à votre pharmacien.

 

Sources

(1) inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale

(2) Données fournies par l’Assurance maladie.
(3) Lymphocytes : variété de globules blancs sanguins jouant un rôle central dans le système immunitaire.
(4) Publiée dans la revue américaine Science, juillet 2015.
(5) Neupsychopharmacology Reviews, 2016 et Journal of Neurogastroenterology Motilty, 2016.
(6) OMS et FAO, « Health and Nutritional Properties of Probiotics in Food Including Powder Milk with Live Lactic Acid Bacteria », octobre 2001.


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