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Objectif annoncé par le gouvernement : baisser de 20 % la mortalité due au cancer en 5 ans. Prévention, meilleure prise en charge et égalité de traitement, changement du regard porté sur la maladie… La mission est lourde, mais le programme est à la fois "ambitieux et raisonnable" d’après le Pr David Khayat*.
Jacques Chirac avait annoncé que la lutte contre le cancer serait l’une des priorités de son mandat. Il a donc fait plancher les meilleurs spécialistes sur le sujet. Résultat : 70 mesures devront être appliquées dans les 5 ans, et le gouvernement mettra un demi-milliard d’euros sur la table pour atteindre cet objectif.
La prévention
C’est le premier volet des mesures du Plan Cancer. Un volet qui se décompose en deux actions majeures : une déclaration de guerre au tabac avec réelle application de la loi Évin et une généralisation de certains dépistages : cancer du sein, du côlon et du col de l’utérus.
Le Pr Khayat déplore que "chaque année, 1 600 jeunes femmes meurent encore d’un cancer du col de l’utérus alors qu’un simple frottis aurait suffi à le dépister à temps". Il s’agit non seulement de permettre les dépistages, mais aussi de faire en sorte que chacun y ait accès : si certaines personnes ne vont pas d’elles-mêmes vers le système de soin, c’est lui qui devra venir à elles.
Le Pr Khayat évoque par exemple l’éventualité de "camions de dépistage" qui iraient à la rencontre du public.
Une égalité de prise en charge
Peut-on ignorer que la qualité des soins varie d’un hôpital à l’autre, entre une grande ville et la campagne par exemple ?
Les inégalités en matière de traitement existent. Plutôt que la création de grands hôpitaux dans les grandes villes, le Plan Cancer prévoit, pour éviter ces inégalités, de "faire descendre l’excellence dans la proximité" comme le souligne le Pr Khayat. C’est-à-dire qu’on pourra, dans l’absolu, être aussi bien soigné dans sa "petite" ville que dans une grande.
Chaque médecin qui soignera le cancer disposera d’un "catalogue de bonnes pratiques" établi et validé par la communauté cancérologique - des bonnes pratiques concernant les traitements eux-mêmes, mais aussi la prise en charge "humaine".
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Pas seulement la chasse au tabac Lorsque le gouvernement a annoncé son Plan Cancer, les médias ont surtout rapporté l’une de ses mesures qui consiste en une énième chasse au tabac. Le nombre de décès imputés au tabagisme explique l’engagement du gouvernement dans ce sens. Mais le Plan Cancer ne s’arrête pas là. Il comporte bien d’autres mesures pour une égalité des chances et une plus grande "humanité" qui, si elles sont appliquées, devraient réellement changer le quotidien des malades et ainsi, sans doute, améliorer bien des pronostics. |
Un suivi plus "humain"
Tout commence le jour où l’on apprend qu’on a un cancer ; c’est un véritable choc psychologique. La consultation d’annonce sera donc revalorisée pour que le médecin ait tout le temps de donner les explications, de soutenir, de rassurer…
Puis, trois semaines plus tard, le malade recevra une "feuille de route" signée par trois médecins et indiquant précisément la stratégie thérapeutique envisagée : traitements, examens, rendez-vous… Un suivi individualisé sera immédiatement mis en place et une infirmière spécialement formée facilitera les démarches du malade pour le bon déroulement du traitement.
Un autre regard
Le Pr Khayat insiste aussi sur la nécessité d’aborder le cancer avec un autre regard : "Il faut en finir avec les exclusions et appeler cette maladie par son nom".
Le Plan Cancer prévoit la création d’un Institut national du cancer, centre de coordination des différents acteurs de la cancérologie (médecins, personnel soignant, représentants des malades…).
Non seulement cet institut veillera à la coordination des recherches, à la mise en place de programmes nationaux, à l’établissement des codes de "bonnes pratiques", mais il devra aussi communiquer. Les patients pourront alors être informés le mieux possible sur leur maladie, auront accès à un numéro vert, à des brochures, à un service Internet… Le Plan Cancer mise ainsi sur la "transparence" pour les patients.
Source : "Bien être et santé" Auteur : Carine Lorenzoni
* Chef du Service de cancérologie médicale à l’hôpital Pitié-Salpêtrière et membre de la Commission d’orientation sur le cancer.
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