Changement d’heure : Des grincements de dents !

Bon, ça y est ! La petite aiguille a fait un bond en arrière. Divine surprise du dimanche matin : non seulement la perspective d’un jour férié le lendemain, mais aussi une heure de plus à vivre et… à dormir !

Ce balancement bisannuel des heures de la journée, mis en chantier le 29 décembre 1975, ne fait cependant pas que des heureux, surtout au moment du passage à l’heure d’été.

Mais pourquoi ces changements qui affectent tellement notre vie quotidienne, tant sociale que privée ?

Le point de départ était la nécessité d’économiser l’énergie, après le premier choc pétrolier. On a donc procédé à une sorte de décalcomanie, faisant coïncider les heures travaillées avec les heures ensoleillées. On est loin de la vie agricole du XIXe siècle, où l’on se levait avec le soleil et se couchait avec lui !

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a procédé à de nombreux calculs qui montreraient que ce changement d’heure a permis, l’an dernier, d’économiser 440 GWh en éclairage, soit la consommation annuelle d’une ville de 200 000 habitants. Et ainsi de diminuer proportionnellement les émissions de CO2, qui contribue au réchauffement climatique. Est-ce vraiment assez, sur une population de 65 millions d’individus, pour justifier ces mesures aux yeux des opposants ?

Ceux-ci se sont regroupés au sein d’une association dite « Association contre l’heure d’été double » (Ached), présidée par Eléonore Gabarain, et leurs arguments ne manquent pas.

Les changements d’heure, et le décalage par rapport au soleil, perturbent le rythme biologique, l’humeur et la concentration. Ils favorisent, soulignent les opposants, les accidents de la route par baisse de la vigilance.

L’association a même écrit à Barak Obama pour plaider sa cause sur le plan international. Mais il semblerait que la situation soit due… à la France, laquelle a mis en route l’heure d’été avant d’être suivie par les autres pays européens ! Du coup, comme il n’y a pas de demande européenne, on ne peut rien faire à l’international ! L’association a présenté un rapport complet sur le sujet à la Commission européenne et au ministère de l’Industrie, arguant que les changements d’heure « ont un impact énergétique à peu près nul » et que cette mesure rend également « plus difficiles les circulations dans l’espace européen » ; pour l’association qui vient de publier un communiqué, l’abandon de cette mesure « permettrait d’éviter la détérioration progressive du solde énergétique de l’heure d’été, déjà maigre et bientôt négatif, en raison des diverses surconsommations engendrées ». Bref, avec ce changement d’heure beaucoup de contraintes pour rien, mais pas de changement à l’horizon.

Reste donc à subir. Pour les enfants, les vacances de la Toussaint vont vous aider, cette année, à les recaler. Sinon, pour mieux supporter le changement, ne modifiez pas l’heure du coucher. Il faut savoir qu’en moyenne, on dort une heure de plus en hiver, la loi de la nature… Enfin, veillez à vous couvrir suffisamment, car le froid donne sommeil. Autre atout 2010, en ce moment il fait doux…

Source. Le Parisien. Site : www.leparisien.fr.

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