Parentibus : le bus qui fait du bien !

Le parentibus : un lieu d’écoute
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Lieu d’écoute et d’échange, le Parentibus sillonne les chemins et villages du département de la Manche. Objectif ? Libérer la parole, rétablir du lien social et lutter contre l’isolement des familles.

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Rédigé par : Karell Robert
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 01/11/2016

« Mon garçon ne veut plus aller à l’école et se replie complètement sur lui-même. » « Je culpabilise de m’être séparée et je n’arrive pas à dire non à mon aînée. » « J’ai l’impression que mes enfants ne m’appellent que quand ils ont besoin de moi. » « Mon fils compte beaucoup sur moi pour garder mes petits-enfants et je ne sais pas comment lui dire que trop, c’est trop. » Pas de doute : nous sommes nombreux à avoir un petit quelque chose qui pollue un peu – voire beaucoup – notre existence et dont on ne sait pas forcément à qui en parler…

 

Désamorcer les situations

C’est de ce constat qu’est née l’idée de proposer un nouvel espace d’écoute et de parole bienveillant, confidentiel et de proximité ! À l’origine du projet ? Catherine de la Hougue, ancien juge pour enfants à Coutances. Dans l’exercice de ses fonctions, la magistrate s’est en effet souvent dit qu’un tel lieu d’écoute permettrait d’éviter la dégradation de bon nombre de situations… « Bien sûr, il existe déjà diverses structures d’aide, mais dans un milieu rural, beaucoup éprouvent des difficultés à se déplacer ou n’osent pas contacter les services sociaux de peur d’être stigmatisés. Nous nous sommes donc dit que si ces gens ne pouvaient bouger, c’était à nous d’aller vers eux ! » Comment ? En bus, ni plus ni moins !

 

La convivialité d’un café-bus

Depuis septembre 2014, le Parentibus parcourt ainsi une série de villages normands. À son bord, une équipe de 35 bénévoles, formés par des professionnels, se relaient au service des « passagers ». L’idée : proposer un lieu d’écoute où les gens ne se sentent pas jugés. « Il n’est pas toujours évident de confier ses tourments », poursuit Catherine de la Hougue. « Espace itinérant, et donc neutre, notre bus se révèle être un véritable atout. Rentrer dans le Parentibus, c’est un peu comme une parenthèse, une balade, un cheminement… » L’accueil se veut d’ailleurs particulièrement convivial puisque c’est autour d’un café ou d’une part de gâteau que les gens sont invités à se confier !

 

Des problématiques très diverses

De quoi peut-on discuter ici ? De tout ce qui a trait, de près ou de loin, aux liens familiaux : éducation, séparation et maintien du lien parental, violences dans le couple, déscolarisation, exclusion, difficultés liées à l’emploi… « Nous recevons également beaucoup de grands-parents qui se trouvent désemparés ou débordés face à leurs petits-enfants », développe Chloë Laurence, coordinatrice du Parentibus. Bref, l’endroit se veut gratuit, accessible à tous… et pas seulement aux « cas sociaux » comme certains pourraient le penser. « La ruralité étant parfois synonyme d’isolement, notre objectif est de rétablir du lien social. Nous sommes donc aussi disponibles pour parler des choses qui vont bien ! »

 

Le parentibus : un lieu d’écoute avant tout

« Attention, l’idée n’est pas de nous substituer aux services sociaux… Au contraire, nous sommes là pour compléter leurs actions. » Ainsi, le rôle des bénévoles n’est pas à proprement parler de conseiller, mais bien de créer un climat de confiance, propice à la parole, chez des personnes qui ne s’adresseraient pas spontanément aux institutions. « Quand on arrive à mettre des mots sur les maux, on a déjà avancé d’un pas ! » Si besoin, les bénévoles peuvent bien entendu les réorienter vers des professionnels compétents.
Verdict ? Après deux ans d’existence, on peut dire que le concept est un succès et qu’il répond à un réel besoin ! Le Parentibus a ainsi reçu près de 900 personnes. « Et, à chaque fois, le sentiment est identique : il est formidable de voir quelqu’un qui repart le cœur un peu plus léger… »

 

Le parentibus en pratique

Où ? L’association intervient dans 13 communes du centre du département de la Manche : Coutances, Périers, Marigny, Saint-Sauveur-Lendelin, etc.
Quand ? Le bus se déplace dans chaque commune environ une fois tous les 15 jours, hors vacances scolaires (horaires et endroits prédéfinis à consulter sur le site).
À venir : Devant le succès du projet, l’association compte mettre en route prochainement un second bus pour couvrir le nord du département.
Contact : www.parentibus.com / 06 20 09 13 74 ou 09 72 87 26 83.

 

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Rédigé par : Karell Robert
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Mis à jour le : 01/11/2016

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