EMDR : une seconde chance après un traumatisme

EMDR : intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires
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On ne peut pas effacer le passé. Mais on peut faire en sorte qu’il soit moins douloureux. Vivre de manière apaisée avec ses souvenirs traumatiques, c’est ce que propose l’EMDR. Une méthode thérapeutique basée sur des mouvements oculaires bilatéraux, qui permet de remettre en route les processus de guérison naturels dans le cerveau. Les explications de Martine Iracane, psychologue, psychothérapeute et formatrice en EMDR.

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Rédigé par : Emmanuelle Gautier
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 05/04/2018

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on vit une expérience traumatique ?

Lors d’un traumatisme menaçant l’intégrité physique ou psychique – un accident, une agression, un attentat, un viol, l’annonce d’une maladie grave…–, ce qui se produit dans le cerveau est de l’ordre du court-circuit neuro-émotionnel, qui suspend le traitement adaptatif de l’information.
La boucle de régulation des émotions du cerveau cognitif (analyse, raisonnement...) vers le cerveau limbique (siège des émotions) est rompue. Il se produit alors une dissociation qui peut fait dire à une personne ayant vécu, par exemple, un braquage : « Je sais que je suis en sécurité maintenant, mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir toujours peur. C’est plus fort que moi. » Cette sorte de « panne » peut aussi se produire au cours d’une situation vécue comme très blessante : humiliation publique à l’école, apprentissage brutal de la natation devenant source d’une peur de l’eau au très long cours, etc.

 

Comment l’EMDR remet-il en route le processus de guérison des traumatismes ?

L’EMDR utilise la stimulation gauche-droite alternée des mouvements des yeux. Ces mouvements oculaires déclenchent un mécanisme réflexe dans le cerveau, similaire à celui que produit le sommeil paradoxal, cette phase de rêve où nos yeux bougent rapidement et qui permet la « digestion » de charges émotionnelles perturbantes. Le thérapeute EMDR effectue la stimulation bilatérale – qui fonctionne aussi avec des tapotements sur les genoux ou sur les mains, voire avec des sons – pendant que son patient revit le souvenir traumatique et les pensées qui y sont associées : « Je vais mourir », « Je suis nul », etc. La stimulation est pratiquée sur une à plusieurs séances, jusqu’à ce que l’évocation de l’événement soit délestée de sa charge émotionnelle douloureuse.

 

Quel est l’effet d’une thérapie EMDR sur le cerveau ?

L’imagerie médicale montre qu’à l’issue d’une thérapie EMDR, le cerveau limbique s’est calmé. Le cortex préfrontal (l’une des trois régions du cortex frontal, situé à l'avant du cerveau) a repris le contrôle des émotions associées à l’événement. L’EMDR offre en quelque sorte une deuxième chance pour dépasser et intégrer des événements jusque-là restés bloqués dans leur état initial, au sein du système neuro-émotionnel.

 

Quand faut-il entamer une thérapie EMDR ?

Concernant les traumatismes, le temps ne résout rien. On peut cependant traiter des souvenirs enfouis – parce que trop anciens, trop précoces ou trop lourds – à partir de la trace cognitive, émotionnelle ou corporelle qu’ils ont laissée.
Il n’est donc jamais trop tard pour entreprendre une thérapie EMDR. Mais en intervenant rapidement, on réduit le nombre de séances, on fait l’économie des symptômes de reviviscence – flash-back, cauchemars, évitements – et, plus tard parfois, de symptômes plus sévères tels que la dépression.

 

Comment se déroule une thérapie EMDR ?

Elle suit un protocole très structuré, en trois temps (passé-présent et futur) et huit phases ou étapes, allant de l’anamnèse ou histoire du patient, à la désensibilisation et à la réévaluation, pour faire le point sur l’effet de la thérapie. Le patient dispose d’une grande autonomie : il peut faire le choix du souvenir-cible sur lequel on va travailler, il peut également arrêter la stimulation si elle est trop difficile pour lui.

 

Comment trouver un praticien de qualité pour démarrer une thérapie EMDR ?

Il est important de choisir un praticien disposant d’un diplôme de psychologue, de médecin ou d’un titre de psychothérapeute validé par les agences régionales de santé. En utilisant l’annuaire de l’association EMDR France, on est sûr de ne pas se tromper.
 

À lire aussi
Le traumatisme crânien, les risques et les traitements
Phobies, stress post-traumatique, dépression : qu’est-ce qui se passe dans le cerveau ?
Les bons réflexes lorsqu’un accident survient


Sources

Merci à Martine Iracane, psychologue clinicienne, psychothérapeute, formatrice à l’Institut français d’EMDR, superviseuse EMDR France et EMDR Europe, présidente de l’association Trauma-Aid France.


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Rédigé par : Emmanuelle Gautier
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 05/04/2018

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