Coma : à la recherche de la conscience

A la recherche de la conscience
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La science des comas a connu un véritable boom ces dernières années. L’objectif des chercheurs : redonner une voix à ceux que l’on croyait perdus, mettre à jour la parcelle de vie et de conscience qui sommeille toujours en eux…

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 30/07/2014

Imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle, électroencéphalogramme,… depuis quelques années, les scientifiques disposent de formidables outils pour mieux comprendre le coma. « Auparavant, rien ne nous permettait d’accéder à l’esprit des personnes entre la vie et la mort », explique Chantal Delon-Martin, chargée de recherche Inserm à l’Institut des Neurosciences de Grenoble. « Mais ces nouvelles techniques de neuro-imagerie ont littéralement changé la donne. Nous avons par exemple pu identifier les réseaux de neurones impliqués dans la conscience que l’on a de soi-même ou de son environnement. » Des découvertes bien nécessaires pour faire face à la réalité du terrain…

 

Une erreur diagnostique fréquente

« Une des difficultés que nous rencontrons consiste par exemple à distinguer les états végétatifs des états de conscience minimale », explique le Pr Steven Laureys, neurologue et Directeur du Coma Science Group. « Après qu’un patient soit sorti de la phase aiguë de coma, il est parfois difficile de déterminer si les mouvements qu’il effectue sont de simples réflexes ou s’il est encore conscient mais dans l’incapacité de le communiquer. » Le diagnostic est dès lors particulièrement délicat et les erreurs fréquentes : 1 personne sur 3 déclarées en état végétatif serait en réalité en état de conscience minimale. « Or, une personne en état de conscience minimale ressent des émotions, éprouve la douleur et a plus de chances de s’en sortir avec une prise en charge adaptée. »

 

Guetteur de conscience

Comment dès lors affiner le diagnostic pour écarter tout doute ? « Pendant longtemps nous en en étions réduits à interpréter des mouvements infimes pour détecter des signes de conscience », poursuit Steven Laureys. « Nous avons donc mis au point des protocoles qui permettent de déterminer si la personne est consciente ou si elle souffre. » Mais la part de conscience qui persiste peut fluctuer et reste fragile. Toute une série de tests au chevet du patient sont dès lors nécessaires pendant une semaine complète pour un diagnostic précis !

Les nouvelles techniques d’imagerie permettent également de guetter les signes indiquant la personne est encore « là ». Comment ? « Nous demandons à une personne de bouger son pied par exemple mais on ne regarde plus si ses muscles bougent. Nous vérifions plutôt ce qui se passe dans son cerveau. Si la personne active les zones de la motricité qui contrôlent les mouvements des pieds, c’est qu’elle a compris la commande et est consciente. »

 

Communiquer par IRM interposé

Et si, mieux encore, ces techniques permettaient de communiquer ? « Nous nous sommes par exemple rendu compte qu’il était possible d’obtenir des réponses à des questions », poursuit le Pr Laureys. « Nous demandons par exemple à une personne d’imaginer qu’elle joue au tennis si elle veut dire oui ou d’imaginer qu’elle se déplace dans sa maison si elle veut dire non. » Ces deux actions activent des parties différentes du cerveau. Reste alors à guetter lors de l’IRM fonctionnelle quelles zones s’activent pour obtenir une réponse…

Aujourd’hui, de véritables interfaces cerveau-ordinateur ont été mises au point sous forme de casques à électrodes. Transportables et moins onéreux, ils mesurent l’activité électrique du cerveau et l’interprète selon le même principe.

L’équipe du Coma Science Group continue ses recherches et travaille actuellement à la mise au point d’une technique qui permettrait de communiquer en observant la dilatation de la pupille de ces patients en état de conscience minimale. Une fenêtre de plus peut-être bientôt ouverte sur l’âme de ces hommes et ces femmes que l’on croyait perdus…

 

L’anesthésie, coma programmé ?

Les anesthésiants agiraient sur les mêmes réseaux de neurones que ceux touchés lors d’un coma. Voilà qui ne manque pas d’intéresser les chercheurs… Comprendre les liens entre conscience et fonctionnement précis de ces puissants médicaments pourrait en effet permettre de nouvelles cibles pour l’anesthésie mais également de mieux comprendre le coma.

 

La pilule qui réveille les morts

Le zolpidem, pilule « miracle » ? Ce somnifère peut en effet produire des effets pour le moins paradoxaux chez certains patients en état de conscience minimale. Une fois la pilule ingérée, ceux-ci se lèvent, marchent et même parlent, puis retombent dans leur état lorsque le médicament cesse de faire effet. Des effets étonnants encore incompris mais qui ouvrent de nouvelles portes sur la compréhension du cerveau et de la conscience.

 

Merci au Dr Stéphane Kremer, Maître de conférences des universités et radiologue au CHU de Strasbourg, à Chantal Delon-Martin, chargée de recherche Inserm à l’Institut des neurosciences de Grenoble et au Pr Steven Laureys, neurologue, directeur de recherche au FNRS et Directeur du Coma Science Group.

 

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Rédigé par : Thomas Coucq
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 30/07/2014

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