Burn-out : l’épuisement au travail

Le syndrome d’épuisement professionnel
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Loin d’être anodin, le « burn-out » peut avoir de lourdes conséquences sur la santé mentale et physique des travailleurs. C’est pourquoi il est essentiel de le détecter au plus tôt. Comment le reconnaître et en sortir ?

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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 08/09/2015

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le « burn-out » est le syndrome d’épuisement professionnel.  Il touche souvent des personnes idéalistes, perfectionnistes, ambitieuses… qui donnent une énergie excessive dans leur travail.
Avec le temps, la personne s’épuise et devient frustrée de ce qu’elle reçoit en retour. Elle ne trouve plus de sens dans son travail et ne s’investit plus. Elle peut même devenir cynique et agressive.
Au bout de plusieurs mois ou années, elle risque de s’effondrer : elle peut alors sombrer dans la dépression ou développer une affection physique qui l’oblige à s’arrêter malgré elle.

 

Les métiers à risque

Les métiers à vocation sociale (enseignants, assistants sociaux…) et les professions médicales et paramédicales sont particulièrement touchés, car ils nécessitent un fort investissement émotionnel.

 

Burn-out : quelles causes ?

Ses causes sont multifactorielles. La personne bascule dans le burn-out suite à une conjonction de facteurs :

  • professionnels : surcharge de travail, manque d’autonomie, de reconnaissance, de justice, conflit de valeur avec l’entreprise…

  • individuels : vulnérabilité, perfectionnisme, idéalisme, recherche de reconnaissance, difficulté à dire non, histoire personnelle…

  • sociétaux : contexte socio-économique, licenciements, fusions, restructurations, mondialisation…

 

Les 3 stades menant au burn-out

On distingue 3 phases menant au burn-out complet. Il est important de le dépister au plus tôt, afin de ne pas aller jusqu’à l’effondrement de la personne, où la récupération peut être longue et difficile.

  • Stade 1 : l’épuisement émotionnel : la personne commence à avoir du mal à gérer son stress au quotidien, elle devient irritable, voire agressive.

A ce niveau-là, pour éviter le burn-out, il faut lever le pied et prendre de longues vacances.

  • Stade 2 : la déshumanisation : pour se protéger du stress qu’elle n’arrive plus à gérer, la personne se coupe des autres. Elle peut devenir cynique et indifférente par rapport à ses collègues, ses supérieurs, mais aussi envers ses proches.

→ Il est essentiel alors de consulter quelqu’un pour parler de ses difficultés. Des arrêts maladies de 4 à 6 mois sont souvent nécessaires.

  • Stade 3 : le burn-out complet : la personne s’effondre. Elle a perdu son estime de soi, sa motivation, sa joie de vivre et de travailler. Souvent, elle a fait le vide autour d’elle. Elle se retrouve alors dans l’incapacité de travailler, parce qu’elle sombre dans la dépression ou parce qu’elle a développé une affection physique (infarctus, AVC…)

Les arrêts maladie peuvent durer 1 à 2 ans, et parfois bien plus si la personne développe un problème physique grave.

Cette évolution peut se faire progressivement sur de longues années, mais aussi parfois en quelques mois seulement. Par exemple dans le cas où la personne subit un harcèlement moral et n’est pas capable de s’en rendre compte et de démissionner.

 

Burn-out ou dépression ?

Le burn-out peut être confondu avec une dépression. Les personnes qui en souffrent peuvent en effet développer des symptômes similaires :

  • symptômes physiques (maux de dos, de tête, hypertension, troubles gastro-intestinaux, du sommeil, etc.)

  • symptômes psychiques (humeur dépressive, troubles de la mémoire, difficultés de concentration, etc.) et comportementaux (agressivité…)

Pour les différencier, il faut surtout analyser la situation globale de la personne. C’est le contexte du travail qui fera pencher la balance vers le diagnostic du burn-out.  
Autre différence : une personne en burn-out peut continuer à fonctionner plus ou moins efficacement pendant des mois, voire des années, alors qu’un dépressif présente un ralentissement au niveau de ses idées et de ses mouvements. Au dernier stade par contre, elle peut sombrer dans une vraie dépression.

 

Traitement d’un burn-out

Pour sortir du burn-out, la personne doit être prise en charge par un psychothérapeute, qui va l’aider à prendre conscience de son état.
Celui-ci va commencer par l’envoyer chez un médecin pour faire un bilan de santé complet et traiter les symptômes physiques du burn-out.
Il va ensuite proposer à la personne de lui raconter comment se déroulent ses journées au travail, afin qu’elle puisse partager les difficultés qu’elle a souvent gardées pour elle. Il explorera aussi toutes les sphères de sa vie, afin de détecter ses zones de difficulté et ses zones ressources.
Une remise en question est essentielle pour analyser ce qui a mené à ce burn-out. Il apparaît essentiel de reconsidérer le sens qu’on donne au travail et de réfléchir à une autre façon de mener sa carrière : travail à temps partiel, changement de service ou de lieu de travail, reconversion professionnelle…
La reprise doit être progressive et les rechutes font partie du processus de guérison. Elles seront analysées avec le thérapeute, pour mieux reconnaître les mécanismes problématiques qui y ont mené.

 

Comment prévenir le burn-out ?

Pour éviter l’épuisement professionnel, deux règles d’or :

  • garder une vie en dehors du travail : loisirs, temps pour vous et pour ceux que vous aimez ;

  • ne pas ignorer, mais parler de vos difficultés au travail avant qu’elles ne vous submergent, si besoin avec un professionnel (médecin, psy ou coach).  


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Sources
Merci au Dr Michel Delbrouck, médecin et psychothérapeute, auteur du livre « Comment traiter le Burn-out ? », Ed. De Boeck, 2013.


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Rédigé par : Barbara Delbrouck
Relu et approuvé par : Comité éditorial Giphar
Mis à jour le : 08/09/2015

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