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On croyait les femmes beaucoup moins menacées par les maladies cardiovasculaires que les hommes, c’est désormais une triste erreur.
La fondation Recherche cardiovasculaire-Institut de France souligne ce constat inacceptable et lance une campagne d’information auprès des femmes ainsi que le premier programme de recherche sur les maladies cardiovasculaires des femmes.
Pour ces dernières, en effet, ces pathologies sont sept fois plus meurtrières que le cancer du sein : plus de 41 400 décès annuels.
Cette cause de mortalité chez les femmes a malheureusement pris désormais la première place, n’ayant cessé d’augmenter depuis les dix dernières années.
Les femmes de plus de 50 ans étant particulièrement concernées.
« Ces pathologies sont à tort trop souvent considérées comme un problème masculin alors qu’elles demeurent la première cause de mortalité chez les femmes en France et dans le monde. », déplore le Pr Menasché, professeur de chirurgie cardiaque à l’hôpital européen Georges Pompidou.
Pourquoi cette catastrophe épidémiologique ?
Tout d’abord, si les œstrogènes protègent les femmes au plan cardiovasculaire, ce n’est plus le cas après la ménopause.
Ensuite, toutes les erreurs d’hygiène de vie considérées jusqu’à maintenant comme « masculines » sont désormais l’apanage, également, des femmes : tabagisme, consommation d’alcool, sédentarité, alimentation fast-food, etc.
Tous ces facteurs sont aggravés par une ignorance de ces maladies de la part des femmes : elles ne connaissent pas les signes avant-coureurs et, généralement plus résistantes à la douleur, elles tardent à consulter.
« Les symptômes féminins ne sont pas toujours la douleur classique au niveau du thorax ou du bras, mais peuvent se traduire par des manifestations atypiques telles que la fatigue, des nausées ou des difficultés respiratoires, d’où la complexité du diagnostic », souligne le Pr Menasché.
De fait, les femmes ont 20 % de chance en moins que les hommes de se voir proposer un test d’effort et 40 % en moins pour une angiographie (Euro Heart Survey 2005).
La Fondation souligne enfin un certain machisme (sic !) qui fait que le corps médical fait beaucoup moins pour le cœur des femmes que pour celui des hommes !
La recherche aura principalement pour but de déterminer en quoi les maladies cardiovasculaires féminines sont différentes, et la campagne sera avant tout axée sur la prévention.
« Nous souhaitons réunir une cohorte de patientes pour effectuer un suivi régulier ainsi qu’un dosage de bio-marqueurs.
Nous envisageons également la constitution d’une sérothèque permettant une étude génomique et protéomique.
Il s’agit de la première banque de données cliniques et biologiques permettant d’évaluer le risque cardiovasculaire féminin » explique le Pr Michel Desnos, de l’unité insuffisance cardiaque au Centre Européen Georges Pompidou.
Source : Fondation Recherche cardiovasculaire. Site : www.fondation-recherche-card...
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