Un gel spermicide contre le SIDA

C’est un grand espoir, qui a soulevé l’enthousiasme des participants à la Conférence internationale sur le sida, à Vienne, voici quelques jours.

Des chercheurs ont en effet présenté une étude portant sur un gel vaginal contenant un antirétroviral, gel qui pourrait entraîner une forte réduction du risque d’infection au VIH chez les femmes.

Cette étude a été publiée dans le journal Science.

Cet essai, intitulé « Caprisa 4 », a été réalisé auprès de femmes non infectées du KwaZulu-Natal, la région d’Afrique du Sud « où la prévalence de la séropositivité est la plus élevée dans le monde », selon le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS).

Si ce gel voit le jour, il pourrait éviter 1,3 million d’infections et plus de 800 000 morts en 20 ans. La substance antirétrovirale utilisée, le Tenofovir, a déjà fait ses preuves par ailleurs.

Il est présent dans ce gel à hauteur de 1 %.

L’efficacité du produit demande cependant, de la part des femmes utilisatrices, le respect des consignes précises. Le gel est à appliquer tout d’abord avant le rapport sexuel (pas plus de 12 heures) et après le rapport, dans cette même limite de 12 heures.

Chez les femmes participant à l’étude et ayant scrupuleusement respecté ces contraintes, le taux d’infection au bout de 30 mois était inférieur de moitié à ce qu’il était chez celles utilisant un placebo.

En moyenne, les femmes disposant du gel ont eu un taux d’infection à 30 mois de 39 % inférieur à celui des femmes utilisant un placebo.

Autre avantage : le produit réduit aussi de moitié l’infection à l’herpès 2, cause commune de l’ulcère génital.

Les chercheurs ont cependant constaté que les résultats baissaient au fil des mois, sans doute à cause d’une diminution de l’utilisation.

Ce produit est particulièrement intéressant face aux conditions culturelles et sociales des pays d’Afrique : il permettrait aux femmes africaines, qui représentent 60 % de la contamination du continent, de prendre en main leur propre sort, plutôt que de dépendre de la volonté incertaine de leur partenaire.

« Les implications sont énormes », a estimé Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses (NIAID) lors d’une conférence de presse.

Cela dit, le produit s’avérerait utile pour toutes les femmes du monde, car il leur donnerait la maîtrise des risques de leur vie sexuelle, et il pourrait venir en complément de l’utilisation du préservatif, pour une sécurité accrue.

Source : Le Parisien. Site : http://www.leparisien.fr/

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