Que faire en cas d’intolérance alimentaire ?

Que faire en cas d’intolérance alimentaire ?

Les intolérances alimentaires ne doivent pas être confondues avec les allergies alimentaires. Ce sont des irritations de l’intestin dues à des substances contenues dans les aliments. Dans certains cas, elles peuvent être à l’origine de carences et ralentir la croissance.

 
Comment reconnaître une allergie alimentaire
En règle générale, les intolérances alimentaires se traduisent par des maux de ventre, des nausées, des vomissements, des diarrhées, des ballonnements, des réactions de la peau (rougeurs, petits boutons, démangeaisons, etc.), des maux de tête, des sueurs froides ou une sensation de mal-être. Si l’aliment mal toléré cesse d’être consommé, les symptômes disparaissent en quelques heures, voire quelques jours. Si l’enfant continue à consommer ces aliments, les symptômes persistent et, dans certains cas, peuvent s’accompagner de fatigue et d’amaigrissement.
Il existe parfois des intolérances alimentaires occasionnelles, en lien avec une irritation temporaire de l’intestin, par exemple. C’est le cas de l’intolérance au lactose (sucre du lait).
 
Quelles en sont les causes ?
Chez les enfants, les intolérances alimentaires les plus fréquentes sont dues au lactose et au gluten (une protéine du germe et de l’enveloppe de certaines céréales). Elles sont dues à l’absence d’enzymes digestives habituellement présentes dans l’intestin. Plus rarement, une intolérance alimentaire est liée à une sensibilité particulière de l’enfant vis-à-vis d’un aliment ou d’un additif chimique, par exemple un colorant.
 L’intolérance au lactose est à distinguer de l’allergie aux protéines de lait de vache : ses symptômes sont plus gênants que graves. Elle est due à une sécrétion insuffisante de lactase (l’enzyme qui digère le lactose) par l’intestin. Dans certains cas, cette insuffisance est héréditaire et ces symptômes apparaissent dès la naissance. Le nouveau-né ne supporte ni le lait maternel ni le lait artificiel. Dans d’autres cas, l’insuffisance est la conséquence temporaire d’une infection de l’intestin et elle disparaît avec la guérison. Dans tous les cas, le bébé n’est pas capable de digérer le lactose. Celui-ci reste dans l’intestin, où il favorise la fermentation des bactéries et retient l’eau dans les selles. L’intolérance au lactose se traduit par la production d’une diarrhée aigrelette et irritante pour le siège, ainsi que par des vomissements, des ballonnements, des gaz, des maux de ventre, etc.
Chez les enfants plus grands, l’arrêt de la consommation régulière du lait, jusque-là bien toléré, se traduit parfois par une disparition de la capacité à sécréter la lactase. Le lait, lorsqu’il est pris en grande quantité (plus de 250 ml à la fois), devient alors difficile à digérer et provoque des diarrhées. L’intolérance au lactose est plus fréquente chez les enfants de souche méditerranéenne, africaine ou asiatique.
 L’intolérance au gluten est à l’origine d’une maladie, la maladie cœliaque, qui peut avoir de graves conséquences. Elle apparaît généralement chez les enfants au moment du passage à une alimentation contenant des farines. Elle se traduit par des diarrhées ou des selles molles, des ballonnements et de la fatigue. Si cette intolérance n’est pas rapidement dépistée, les parois de l’intestin peuvent s’atrophier, entraînant une mauvaise absorption de l’ensemble des nutriments. À la longue, des carences alimentaires apparaissent et l’enfant cesse de grossir, voire perd du poids.
 
Les complications éventuelles
Les complications des intolérances alimentaires sont liées à la diminution de l’absorption des nutriments qu’elles peuvent entraîner. Ceci est particulièrement vrai avec la maladie cœliaque, qui peut se révéler dangereuse si aucun traitement n’est entrepris.

Ce que fait le médecin
S’il suspecte une intolérance alimentaire, le médecin pourra demander des examens complémentaires qui l’aideront à orienter son diagnostic et permettront d’éliminer la possibilité d’une allergie alimentaire. Le diagnostic d’une intolérance alimentaire peut être délicat et demander du temps. Si cette intolérance est confirmée, le médecin prescrit un régime alimentaire particulier : lait sans lactose ou aliments sans gluten, par exemple.
Si l’intolérance au lactose est liée à une gastro-entérite, le lait sera réintroduit progressivement, après guérison de l’infection intestinale.
 
Quand consulter le médecin ?
 Si le nourrisson vomit ou présente une diarrhée.
 S’il a régulièrement le ventre gonflé et douloureux, émet beaucoup de gaz ou présente des selles molles et malodorantes.
 S’il a régulièrement des coliques.
 S’il semble triste et apathique.
     
Ce que vous pouvez faire
 Respectez scrupuleusement les conseils de votre médecin concernant l’alimentation de votre enfant, en particulier si celui-ci est intolérant au gluten. En pratique, cela peut se révéler compliqué, mais c’est à ce prix qu’il retrouvera la santé.
 Les enfants intolérants au gluten ne peuvent consommer aucun produit contenant du blé, de l’orge, de l’avoine, de l’épeautre, du kamut ou du seigle, ce qui exclut le pain, les pâtes et la plupart des farines. Attention, ces ingrédients sont parfois présents en toutes petites quantités dans les produits alimentaires industriels (notamment les moutardes, les sauces et les chocolats), répertoriés sous les mentions « amidon », « extraits de malt », « protéines végétales » ou « matières amylacées ». Bien que présent en toutes petites quantités, le gluten de ces aliments peut sérieusement endommager la paroi de l’intestin.
 En cas d’intolérance au gluten, on peut utiliser de la farine de riz, de soja, de sarrasin et de maïs ou de la fécule de pomme de terre. Il existe des gammes de produits garantis sans gluten, dont des farines de blé déglutinisées, des pâtes, des biscottes, etc. Les parents des enfants intolérants au gluten peuvent se faire rembourser une partie de ces produits par l’Assurance maladie, à hauteur de 45,43 € par mois sur présentation des justificatifs. Des associations telles que l’AFDIAG aident les familles touchées par cette maladie.
 Le lactose est présent dans de très nombreux aliments : produits laitiers et fromages bien sûr, mais aussi certains jus de fruits, biscuits, céréales de petit-déjeuner ou potages. Lisez attentivement les étiquettes.
 
Attention aux médicaments
Certains médicaments contiennent parmi leurs ingrédients inactifs (les excipients) du lactose ou du gluten (signalé sous les termes « gluten de blé », « amidon de blé », « son », « huile de germe de blé », « amylase végétale », etc.).
Signalez l’intolérance alimentaire de votre enfant à votre médecin et à votre pharmacien. Ceci est particulièrement important lorsque votre pharmacien substitue, avec votre accord, un médicament générique à celui prescrit par le médecin.
Certains médicaments génériques contiennent ces substances, alors que le médicament de marque correspondant (le princeps) n’en contient pas.
     
Comment les prévenir ?
Il n’existe malheureusement pas de moyen de prévenir les intolérances alimentaires. Si vous voulez que vos enfants puissent boire du lait toute leur vie sans problème, continuez à leur en donner régulièrement afin que leur intestin reste capable de sécréter la lactase.
 

Ces informations ne prétendent pas se substituer à un avis médical. Suivez toujours les recommandations de votre médecin traitant ou de votre pharmacien. Extrait du Guide des enfants en bonne santé Maj 09/2006 © Copyright Vidal, 2006
Giphar - Reproduction autorisée jusqu’à fin 06/2009 No : 89506

Sondage

L’information santé sur Internet est-elle utile pour vous ?

Voir les derniers articles


ARTICLES DE LA RUBRIQUE

plus

Que lui donner au goûter ?

Que lui donner au goûter ? Le goûter est traditionnellement présent dans l’alimentation des enfants. Comme il (...)

Quand diversifier l’alimentation (...)

Quand diversifier l’alimentation ? Le sevrage est une étape de transition importante. L’introduction (...)

contact




Envoyer