Prostate : Utilité du PSA dans le diagnostic

Utilité du PSA dans le diagnostic de la prostate

Le PSA (Prostatic Specific Antigen), antigène spécifique prostatique, est une protéine non toxique qui n’est produite que par la prostate.
Elle est présente dans le sperme où elle joue un rôle dans la reproduction. Le PSA est également présent dans le sang en petite quantité, ce qui permet son dosage. Le taux de PSA dans le sang (comme dans le sperme) est exprimé en nanogrammes par millilitres (ng/ml).
Environ 70 % du PSA sérique total circule sous forme liée aux protéines du sang, et 30 % sous forme libre. Les tests sanguins permettent le dosage du PSA total, soit uniquement en fractions libres (PSA libre), soit liées (PSA complexé). La forme libre augmente en cas d’hyperplasie bénigne de la prostate. La forme liée augmente en cas de cancer. Le rapport PSA libre/ PSA total s’abaisse en cas de cancer (< 20 %).

Le dosage du PSA :

Le dosage se fait par une prise de sang ; il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Comme la méthode de dosage et le résultat peuvent varier d’un laboratoire à l’autre, il est recommandé de se rendre dans le même laboratoire pour effectuer les prises de sang pour interpréter les éventuelles variations des résultats successifs.
La prise de sang doit avoir lieu à distance du toucher rectal (au moins 3 jours).
Après une infection urinaire, le taux de PSA peut être multiplié par 10 ou 20. Il faut donc attendre au moins deux mois que le taux soit suffisamment abaissé pour que son interprétation devienne significative.

Un dosage du PSA total suffit en première intention

Il n’est pas rare, en l’absence de précisions sur la prescription du praticien, que les laboratoires de biologie réalisent, dans le même temps, le taux de PSA total et le taux de PSA libre.

Le rapport PSA libre / PSA total n’a en effet aucune signification en première intention. Il ne peut être utile que pour les patients dont le PSA total est compris entre 4 et 10 ng/ml et est particulièrement indiqué chez les patients qui ont eu une première série de biopsies, qui n’ont pas révélé de cancer et qui ont un PSA entre 4 et 10 ng/ml.

  • Interprétation des résultats

La valeur de normalité du PSA la plus généralement indiquée est inférieure à 4 ng/ml. L’augmentation de PSA s’observe en cas de cancer, mais également en présence d’une hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou d’une prostatite.

  • La fréquence du dosage

La valeur du PSA lors du premier test indique l’intervalle entre chaque dosage. S’il n’y a pas de facteurs de risque (familiaux et/ou ethniques), et que le PSA est inférieur à 2 ng/ml, il est légitime de ne faire réaliser le dosage que tous les deux ans.
Dans le cas contraire, la fréquence recommandée est annuelle. Si le dosage du PSA montre une élévation > 0,75 ng/ml, même si le PSA reste < 4 ng/ml, cela amène à envisager la réalisation d’une biopsie.
La cinétique d’élévation du PSA est donc toute aussi importante que le taux de PSA lui-même (lire temps de doublement du PSA).

Quand la biopsie doit-elle intervenir ?

Dans le cas d’une valeur de PSA au-dessus de la normale ou de son augmentation entre chaque intervalle, ou si le toucher rectal détecte une induration, on doit pratiquer une biopsie. La biopsie est réalisée sous échographie. Une sonde est introduite dans l’anus pour effectuer des prélèvements à des endroits déterminés de la prostate.
Les cellules cancéreuses sont mises en évidence par l’examen au microscope et la biopsie a donc une importance essentielle pour évaluer le stade tumoral et définir le pronostic de la maladie.
Selon les résultats, d’autres examens pourront être réalisés afin de préciser une éventuelle extension aux ganglions, aux autres organes et/ou aux os.

Taux de détection, stade de révélation du cancer et taux de curabilité en fonction de la valeur de PSA


  • Le temps de doublement du PSA :

Le temps de doublement du PSA (PSADT) est un outil d’évaluation de l’agressivité potentielle d’une tumeur :

• Il est utilisé comme outil prédictif dans la surveillance active des tumeurs.

• Lorsque l’indication d’hormonothérapie est discutée (par exemple, lors d’une récidive biologique après traitement curatif), le PSADT pourrait avoir un intérêt, afin de diminuer la durée de traitement pour éviter des effets secondaires sur le long terme.

Il permet aussi de surveiller le risque de récidive après traitement.

Ainsi, on considère que :

• Un PSADT court (inférieur à 12, ou a fortiori, à 6 mois) est un facteur de risque de récidive biologique précoce après traitement curatif.
• Un PSADT court pourrait être un facteur pronostique du risque de décès spécifique par cancer de la prostate après traitement curatif.

Lire l’article sur les prostatites

Mis en ligne avec l’autorisation de l’association française d’urologie.

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