Prostate : Quel dépistage ? Pourquoi ? Où ? Quand ? Comment ?

Prostate : Quel dépistage ? Pourquoi ? Où ? Quand ? Comment ?

Pour favoriser le dépistage des tumeurs à un stade précoce et guérissable, les urologues recommandent de proposer aux hommes à partir de 50 ans, un dépistage individuel du cancer de la prostate, fondé sur le dosage du PSA et le toucher rectal réalisé par le médecin généraliste ou l’urologue.

Explications…

Les urologues s’appuient sur…

  • L’analyse de la littérature scientifique (lire chapitre sur les études menées au sujet du dépistage) ;
  • La connaissance des traitements, de leurs effets en fonction du stade d’évolution du cancer, y compris des effets secondaires ;
  • Leur pratique quotidienne de l’urologie, et notamment leurs discussions avec les patients et leurs familles ;

Pour recommander le dépistage individuel du cancer de la prostate.

Pourquoi un dépistage individuel ?

Le dépistage demeure individuel car il est aujourd’hui trop tôt pour conclure à la nécessité d’organiser un dépistage de masse au niveau national :

  • Parce que l’on ne dispose pas d’un recul suffisant pour tirer des conclusions définitives ;
  • Parce que certaines études visant à évaluer l’efficacité à grande échelle du dépistage ne sont pas toutes achevées (lire encadré 1), dont le protocole européen randomisé de dépistage du cancer de la prostate par dosage de PSA (ERSPC) auquel participe la France dans les départements du Tarn et de l’Hérault.
  • Parce qu’il faudrait bien d’autres études, dont des évaluations économiques croisées, pour que l’on se lance dans un dépistage de masse.

Mais aussi parce que les urologues n’envisagent le dépistage du cancer de la prostate que dans le cadre d’une discussion avec le patient, visant à informer celui-ci :

  • De la maladie, de son évolution et de ses symptômes ;
  • Des possibilités offertes par les traitements ;
  • Des effets secondaires des traitements, notamment sur les plans sexuel et urinaire : il faut, avant même la prescription des examens, que soient clairement énoncées les conséquences possibles des traitements qu’il faudra mettre en œuvre si un cancer est détecté.

Le dépistage concerne…

  • Les hommes de 50 à 75 ans, lorsqu’il n’y a pas de facteur de risque connu. Au-delà, étant donné que le cancer de la prostate évolue en 10 voire 15 ans, sa découverte n’affectera probablement pas l’espérance de vie du patient. Et l’on estime que le patient doit avoir une espérance de vie supérieure à 10 ans pour pouvoir bénéficier d’un traitement curatif, au vu des bénéfices et des inconvénients attendus.
  • A partir de 45 ans, pour les hommes d’origine africaine ou antillaise, ou pour ceux dont des parents proches ont été atteints d’un cancer de la prostate.

Le dépistage comprend…

  • Un dosage du PSA (l’antigène spécifique de la prostate) effectué par prise de sang, dans un laboratoire ;
  • Un toucher rectal effectué par un médecin.

Ces deux examens sont essentiels et complémentaires. Couplés, ils augmentent les chances de dépistage de la tumeur à un stade précoce.

En effet :

  • Il arrive que l’on détecte un cancer grâce au toucher rectal alors que le dosage du PSA reste inférieur au seuil de la normalité - c’est le cas dans près de 10 % des cancers diagnostiqués.
  • A l’inverse, il arrive aussi que le dosage du PSA donne l’alerte, avec un toucher rectal rassurant.

Le toucher rectal est un examen clinique indolore d’une grande simplicité, qui peut être réalisé, en routine, au cabinet du médecin généraliste. Le patient est debout ou allongé sur le dos sur la table d’examen. Le médecin introduit dans l’anus son index protégé et lubrifié. La palpation est rapide et sans aucun effet secondaire. Il faut savoir que 80 % des cancers se développent dans la zone périphérique inférieure de la prostate. Dans ce cas de figure, le médecin peut percevoir à la palpation une induration, localisée ou plus étendue, pouvant dépasser les contours de la prostate. On notera cependant que l’absence d’induration n’exclut pas la présence d’un cancer.

Le dépistage est annuel…

Car la progression du PSA est plus significative pour le diagnostic que sa valeur absolue.
L’évolution du PSA dans le temps donne des indications précieuses sur la pathologie. Ainsi, en cas d’hyperplasie bénigne de la prostate, la courbe du PSA évolue de façon curvi-linéaire, en cas de cancer, elle évolue de façon exponentielle.
La vitesse de doublement du PSA pourrait constituer un indicateur de la virulence de la tumeur. Cet outil se révèle, par ailleurs, un élément prédictif utile dans l’évaluation du risque de récidive après le traitement.

Lire aussi l’utilité du PSA dans le diagnostic de la prostate

Mis en ligne avec l’autorisation de l’association française d’urologie.

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