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Pour bien comprendre comment l’on remédie aux effets secondaires des traitements sur la vie
sexuelle, il faut rappeler quelques éléments fondamentaux.
On peut distinguer deux composantes de la vie sexuelle :
L’inspiration ou libido est fortement conditionnée par le niveau hormonal. La baisse du taux de testostérone entraîne donc, à plus ou moins long terme, un tarissement du désir. Le phénomène se passe au niveau cérébral. Mais les informations, transmises par le cerveau affectent aussi le niveau local (la mécanique de l’érection).
Et si l’on ne peut pas remédier à la baisse de libido et de désir, on peut agir sur le phénomène local. Ainsi, un homme sous traitement hormonal qui souhaiterait, malgré sa baisse de désir, continuer d’avoir une vie sexuelle afin de satisfaire sa compagne, pourrait toujours avoir recours à des stratégies locales (implant pénien, injections intra-caverneuses pour provoquer une érection).
La mécanique dépend de plusieurs facteurs :
� Lorsque la transmission de l’information ne peut plus se faire (par exemple lorsque l’on est obligé d’enlever ou de couper les bandelettes, lors du traitement chirurgical du cancer de la prostate), il est possible de pallier l’absence d’érection :
� Lorsque l’information passe moins bien (en cas de lésion temporaire des bandelettes), le phénomène artériel est préservé mais insuffisant pour parvenir à une véritable érection. Les traitements médicamenteux de la dysfonction érectile seront efficaces, car ils agissent sur l’afflux de sang vers la verge.
Et le plaisir dans tout ça ?
Le plaisir est un phénomène subtil qui dépend à la fois d’évènements locaux (contractions
musculaires) et globaux (transmission nerveuse, décryptage cérébral).
L’orgasme est un grand orage sympathique en ce sens que l’érection est sous la dépendance
du système parasympathique, alors que l’éjaculation dépend d’une reprise de contrôle brutale
par le système sympathique qui inhibe alors le système parasympathique. Bien entendu, les
structures cérébrales, et notamment le système limbique, ont un rôle majeur dans la perception
de l’orgasme.
Et dès lors que le cerveau entre en jeu, l’influence de l’expérience personnelle et des
impressions subjectives du sujet joue.
Ainsi, en théorie, la chute du taux de testostérone se traduit par un tarissement progressif de la
libido et, indirectement par une suppression du plaisir et de l’orgasme.
Mais le plaisir de l’homme dépend aussi de la satisfaction de donner du plaisir à sa partenaire,
comme en témoignent les hommes qui ont participé à l’étude Krisis® sur l’exploration des
discours masculins sur la sexualité, réalisée, cette année, par IPSOS pour l’AFU.
Un homme qui souhaiterait poursuivre une vie sexuelle en ayant recours à des traitements
locaux, pourrait en tirer du plaisir.
En revanche, un homme, lassé par sa vie de couple, qui n’éprouve plus de désir pour sa
compagne pourra se réfugier derrière les effets secondaires des traitements, et quand bien
même ceux-ci ne seraient pas irrémédiables, pour renoncer à travailler la relation avec sa
compagne, laissant sa vie sexuelle s’étioler sans agir.
Car parmi les incertitudes liées à la complexité du phénomène, une seule chose est sûre : la
prise en charge précoce des problèmes sexuels, qu’ils soient consécutifs aux traitements du
cancer de la prostate ou qu’ils ne le soient pas, permet d’améliorer le pronostic de leur
évolution.
Une bonne érection, c’est comme une respiration : ça s’entretient…
Confronté à des problèmes d’érection, plus un homme consultera vite, plus il aura de chance
de retrouver ou de préserver une vie sexuelle satisfaisante.
Lire la suite : Le cancer de la prostate
Mis en ligne avec l’autorisation de l’association française d’urologie.
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