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Personne ne peut ignorer aujourd’hui la gravité de l’accident nucléaire qui s’est produit au Japon, et dont les conséquences sont loin d’être terminées. La population japonaise connaît une terrible souffrance, due à la fois au tsunami et à la radioactivité. Le risque d’irradiation est réel, non seulement pour ceux qui interviennent, ou tentent d’intervenir, sur les centrales accidentées, mais aussi pour les populations avoisinantes.
Du coup, dans les médias, on commence à parler de comprimés d’iode à prendre si la radioactivité augmente de manière dangereuse, et certains Français se sont même déjà précipités dans leur pharmacie pour s’en procurer.
Mais pourquoi de l’iode ?
Tout le monde le sait plus ou moins, l’iode est un oligoélément naturel nécessaire au bon fonctionnement de la glande thyroïde, située dans le cou. Cette glande interagit avec d’autres glandes comme l’hypophyse.
Normalement, nous trouvons assez d’iode dans l’alimentation, produits de la mer, ail, oignon, etc., et les eaux de boisson. Avec tout de même une restriction pour certaines régions dont le climat ou la géologie entraînent des carences. Dans ces régions, on observe par exemple un grand nombre de goitres.
Vous l’avez lu dans la presse ou entendu à la radio : la centrale japonaise accidentée dégage entre autres de l’iode radioactif, ou iode 131, 132 ou 133. Les études faites à la suite de Tchernobyl sur les populations ont permis de bien comprendre ce qui se passe.
Des mesures de radioactivité ont été faites, dans les deux mois suivant la catastrophe, sur plus de 12 000 personnes adultes. 65 cas de cancer de la thyroïde ont été recensés, mais les chercheurs estiment que le risque perdure pendant deux décennies.
Alors, pourquoi les comprimés d’iode médicamenteux (iodure de potassium) ?
Tout simplement pour, en quelque sorte, saturer la glande thyroïde d’iode stable. Ainsi, quand la personne absorbe l’iode radioactif, ce dernier ne peut se fixer et l’effet de l’iode stable dure 24 heures. Il suffit donc de prendre un comprimé chaque jour, en cas d’accident et si l’on est proche de la centrale endommagée.
« L’explication de ce mécanisme permet de comprendre pourquoi, en situation d’accident, la prise de comprimés d’iodure de potassium ne doit s’effectuer ni trop tôt, ni trop tard, mais à un moment précis, déterminé par les autorités en fonction de la période d’exposition prévisible, uniquement afin de prévenir le développement d’un cancer de la thyroïde à long terme. » précise l’Institut national du cancer.
Mais, avertit l’OMS (Organisation mondiale de la santé), il ne s’agit pas d’une protection contre l’irradiation, mais seulement d’une protection contre le cancer de la thyroïde. Lors d’un accident, il existe d’autres éléments nocifs, comme le césium, le strontium, par exemple, et l’iode ne peut rien contre eux. Enfin, l’OMS rappelle qu’il faut prendre les comprimés d’iode au bon moment, quand le recommandent les autorités sanitaires.
Source. Institut national du cancer. Site : http://www.e-cancer.fr/toutes-les-a...
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