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Elle est provoquée le plus souvent par une atteinte bactérienne.
Dans la majorité des prostatites bactériennes, ce sont des entéro bactéries (bactéries présentes
dans l’intestin) qui sont responsables et en particulier l’escherichia coli (aussi appelé
colibacille).
Les germes pénètrent par voie rétrograde, comme dans la cystite de la femme, colonisent
l’urètre et remontent jusqu’à la prostate.
D’autres mécanismes, marginaux, ont été décrits où les germes atteignent la prostate par voie
sanguine ou lymphatique.
La prostatite aiguë bactérienne peut concerner tous les hommes.
Elle touche majoritairement l’homme jeune : l’activité sexuelle pourrait être un facteur
favorisant, sans toutefois que cela ait été prouvé, même si certaines pratiques comme les
rapports anaux, contribuent à son développement.
Elle est aussi favorisée par les obstacles du bas appareil urinaire (rétrécissement de l’urètre,
obstruction prostatique...), par les manœuvres instrumentales urologiques (biopsie de prostate,
fibroscopie, sondage urinaire).
La prostatite n’est pas classée dans les maladies sexuellement transmissibles. Sauf dans les
rares cas de prostatites liées à des germes sexuellement transmissibles (gonocoques,
chlamydiae, mycoplasme), on ne peut pas contaminer sa ou son partenaire. Mais
généralement la douleur n’incite pas le patient à avoir des rapports.
Les manifestations de la prostatite aiguë sont très proches d’une banale grippe, ce qui explique que le diagnostic est souvent méconnu :
C’est la présence de symptômes urinaires associés qui permet de rectifier le diagnostic.
En règle générale, toute infection urinaire fébrile, chez l’homme, doit être a priori considérée comme une prostatite aiguë.
Une prostatite aiguë est une urgence médicale dans la mesure où il s’agit de l’infection d’un tissu. Si on ne la traite pas rapidement, on s’expose à des complications (passage à la chronicité, abcès de la prostate, voire une septicémie.)
En présence de tout ou partie de ces symptômes, une consultation rapide s’impose.
Le diagnostic :
Il repose sur :
Une évaluation des facteurs dits « de gravité » ou « de risque ou de
complication ».
Elle repose sur l’interrogatoire, l’examen clinique, des examens biologiques et radiologiques complémentaires, si nécessaire, dans le but de répondre à 3 questions :
• y a-t-il des signes et symptômes évoquant une infection grave ?
• y a-t-il une rétention vésicale ?
•y a-t-il d’autres facteurs de complication ?
Cette évaluation conditionne les modalités du traitement et du suivi.
On parle de prostatite « non compliquée » ou « simple » en l’absence :
• de signe de gravité de l’infection ;
• d’anomalie fonctionnelle, anatomique ou pathologique de l’appareil urinaire et notamment sans rétention vésicale ;
• d’intervention ou d’acte récent sur l’appareil urinaire ;
• d’épisode récent ou récidivant ;
• de maladies en cours, modifiant le statut immunitaire.
Le diagnostic différentiel :
A partir de l’analyse de la littérature scientifique et à la demande du Comité des Pratiques Professionnelles (CPP) et du Conseil scientifique de l’Association Française d’Urologie, le Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU) a travaillé à l’élaboration de recommandations pour la pratique clinique concernant le diagnostic, le traitement et le suivi des infections communautaires bactériennes de l’appareil urinaire de l’homme et de la femme (cystites aiguës, pyélonéphrites aiguës) et de l’appareil génital de l’homme (prostatites aiguës). Editées sous la forme d’une plaquette de poche, elles spécifieront tous les éléments nécessaires au diagnostic différentiel et présenteront les éléments essentiels au choix des traitements.
Le traitement de la prostatite aiguë bactérienne :
Il doit être lancé dès le début de la prise en charge du patient, sans attendre les résultats des prélèvements bactériologiques.
• Une antibiothérapie probabiliste sera débutée dès les prélèvements bactériologiques réalisés, sans en attendre les résultats.
• L’antibiothérapie de relais est guidée par les données de l’antibiogramme. Elle repose sur le choix d’un antibiotique efficace, à bonne pénétration prostatique en respectant les grandes règles du bon usage des antibiotiques (entre autres, les doses doivent être suffisantes pour prévenir l’émergence de bactéries résistantes et le spectre aussi étroit que possible.)
• C’est un traitement prolongé : la cure de 3 à 6 semaines d’antibiotiques fait consensus. La tendance actuelle est au raccourcissement des durées de traitement afin d’éviter la sélection de bactéries multirésistantes (certains proposent même un raccourcissement du traitement à 2 à 4 semaines).
Lire la suite de l’article La prostatite chronique ?
Mis en ligne avec l’autorisation de l’association française d’urologie.
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