La Migraine

La Migraine


La migraine est une pathologie sous-estimée en France, bien qu’elle soit l’une des affections neurologiques les plus fréquentes : seul 1 migraineux sur 5 est suivi par un médecin pour cette affection !

La migraine touche 3 femmes pour 1 homme ; elle débute en général pendant l’enfance ou l’adolescence, avec 1 pic à l’âge adulte avant de décliner progressivement, même si des recrudescences sont possibles (vers la ménopause par exemple).

"Toutes les céphalées ou maux de tête ne sont pas des migraines. »

La migraine se caractérise par une douleur :

  • Unilatérale,
  • Pulsative,
  • Aggravée par l’effort (monter un escalier, se pencher…),
  • D’intensité modérée à sévère.

La migraine est fréquemment associée à des nausées et vomissement, une photophobie (sensation pénible produite par la lumière finissant par induire une peur de la lumière) et une phonophobie (sensation pénible produite par les sons finissant par induire une peur du bruit). Elle dure de 4 à 72h en l’absence de traitements. Le diagnostic est avéré lors de la survenue d’épisodes récurrents de ces céphalées.

« Migraine avec ou sans aura »

Les migraines se différencient par la présence ou non d’aura.

Ces 2 types de migraines répondent à des critères spécifiques définis par l’IHS (International Headache Society).

D’autres manifestations sont possibles dans les crises migraineuses avec aura, elles sont rares et très sévères (hémiplégie prolongée avec troubles de la conscience, cette hémiplégie bénéficiant d’une récupération complète).

L’aura n’est pas systématique (25% des patients seulement). La crise est alors précédée de symptômes neurologiques transitoires pouvant durer de 5 à 60 minutes (mais il arrive parfois que la crise douloureuse commence en même temps que l’aura selon les sources IHS).

Comment soigner sa migraine ?

Il existe plusieurs types de traitements, médicamenteux ou non :

Les traitements médicamenteux de la crise

Les traitements non spécifiques :

On utilise les antalgiques classiques tels que le paracétamol, l’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Ils sont à prendre dès les premiers signes, et dès le début de l’aura s’il s’agit d’une migraine avec aura. Cependant, il convient de faire attention à l’abus des médicaments antalgiques, qui se solde souvent par des céphalées auto-entretenues. L’abus se définit par la prise régulière de médicaments antalgiques plus de 15 jours par mois, et ceci pendant plus de 3 mois.
Les effets indésirables sont de type nausées, vomissements et épi-gastralgies.

Les traitements spécifiques :

On utilise les médicaments de la série chimique des TRIPTANS ainsi que les dérivés de l’ergot de seigle. Les antagonistes des récepteurs sérotoninergiques (Triptans) sont plus fréquemment utilisés car mieux tolérés et moins contraignants. La réponse d’un patient à 1 Triptan est variable et il n’y a pas d’effets de classe : si un Triptan est inefficace, une autre molécule de la même famille pourra être proposée. Pour être déclarée inefficace, une molécule doit être testée sur 3 crises successives et n’entraîner aucune amélioration.
Le médicament est à prendre le plus précocement possible après le début de la crise douloureuse (mais pas pendant l’aura) ; il ne faut pas renouveler cette prise s’il n’y a eu aucune amélioration. En revanche, si la douleur s’atténue avant de resurgir, une deuxième prise de médicament peut être administrée, 2 à 4 heures après la 1ère prise, selon le Triptan.

Les effets indésirables communs sont : sensation de tête vide, pesanteur thoracique, fatigue.

Comment évaluer l’efficacité du traitement de la crise ? :

Elle est basée sur 4 questions :

  • Etes-vous soulagé de manière significative 2 heures après la crise ?
  • Supportez-vous ce traitement ?
  • Utilisez-vous une seule prise médicamenteuse ?
  • Pouvez-vous reprendre une activité normale 2 heures après la prise ?

S’il y a 4 réponses OUI, le traitement est adapté.
S’il y a au moins une réponse négative il est possible d’associer un Triptan à un traitement non spécifique, le Triptan ne devant être utilisé qu’en deuxième intention.

Les traitements de fond :

Un traitement de fond peut s’avérer nécessaire si les crises sont d’intensité forte, avec retentissement sur la vie de tous les jours, ou s’il y a plus de 6 à 8 crises par mois sur une période supérieure à 3 mois.
Ce traitement est mis en place pour une durée de 6 à 12 mois avec une réévaluation régulière et un arrêt envisagé au bout d’un an, mais il n’a pas pour objectif de supprimer totalement les crises, seulement de les diminuer de moitié.

Différentes molécules peuvent être proposées :

les bétabloquants : avec surtout le Propranolol (AVLOCARDYL®, PROPRANOLOL®, HEMIPRALON®) et le Métoprolol (LOPRESSOR®, METOPROLOL®, SELOKEN®). Les effets indésirables sont surtout fatigue, troubles du sommeil (insomnies, cauchemars), syndrome de Raynaud (Le syndrome de Raynaud est une pathologie affectant la circulation sanguine dans les doigts et parfois les orteils, avec contraction des artérioles des extrémités provoquant le blanchissement des doigts), et bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque).

  • Les antidépresseurs : l’amitriptyline (LAROXYL®) avec des effets indésirables de type sécheresse buccale, constipation, rétention urinaire, tachycardie, et troubles de l’accommodation.
  • Les anti-épileptiques : l’acide valproïque (DEPAKINE®) avec des effets indésirables tels que nausées, alopécie, somnolence, prise de poids.
  • La dihydroergotamine (IKARAN®, SEGLOR®). Ces médicaments ayant de nombreuses interactions avec d’autres médicaments, attention à toujours signaler ce traitement aux différents professionnels de santé.
  • Les antisérotoninergiques :
    W VIDORA®, Nocertone®, Sanmigran® Ces molécules modifient au long court le terrain migraineux.
    Une importante somnolence peut apparaître au début du traitement. La prudence est donc de mise pour les conducteurs.

Les autres traitements

Il s’agit alors d’éviter les facteurs déclenchants et de savoir gérer la crise.

Eviter les facteurs déclenchants

Il convient également de privilégier une hygiène de vie rigoureuse sans excès :

  • Repas à heures régulières,
  • Horaires de sommeil les plus stables possibles,
  • Eviter certains aliments : chocolat, glace, champagne, vin blanc et rosé, agrumes, fromages fermentés, charcuterie, aliments riches en graisses.

Comment gérer au mieux la crise

Lors d’une crise il faut privilégier le repos au calme, dans une pièce sombre. Il est possible également de proposer l’ingestion de café fort en grande quantité, d’appliquer une compresse chaude ou glacée sur le visage ou de presser la tempe du côté douloureux.

La tenue d’un agenda des crises peut s’avérer utile, sur une période de trois à six mois, pour évaluer l’efficacité des différents traitements utilisés et éventuellement les réajuster. Il faudra y noter la date de survenue, la durée et l’intensité de la crise, les facteurs déclenchants ainsi que le type de médicaments pris.

Bibliographie :

  • « Prise en charge diagnostique et thérapeutique de la migraine chez l’adulte et chez l’enfant » Christian LUCAS. Le Concours Médical Tome 126 n°18 p 1020-1023.
  • MedQual, février 2007
  • Société Française d’Etudes des Migraines et Céphalées.

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