Bien préparer ses sports d’hiver


Ski alpin, de randonnée, de fond, de promenade, raquettes et surf des neiges (snowboard) se pratiquent dans un environnement apparemment identique.

Pourtant, il s’agit de disciplines très différentes.

Le ski alpin et le surf sont des sports de vitesse qui mettent en jeu l’équilibre, la réactivité et la force.
Le ski de fond et le ski de randonnée sont des sports d’endurance.

Les problèmes liés à ces disciplines sont liés aux chutes, au froid, à l’altitude, au soleil, voire aux avalanches.

Le ski étant souvent pratiqué une seule fois par an à l’occasion des traditionnelles vacances de neige, les personnes peu préparées à l’exercice physique vont forcément mettre en danger leurs muscles, tendons, os et articulations.

Chaque année, 150 000 accidents de sports d’hiver sont recensés, dont 110 000 accidents de ski alpin et 32 000 accidents de surf. Néanmoins, le risque d’accidents en snowboard est 1,5 fois plus élevé qu’en ski alpin.

Les points vulnérables

Les os sont bien sûr les premiers concernés par les accidents de ski. En ski alpin, les fractures représentent 24 % des accidents et touchent surtout les jambes et les chevilles.

En snowboard, ce sont plutôt les poignets et les avant-bras qui sont atteints, mais aussi la cheville. La pratique du hors piste amène parfois à faire des chutes extrêmement graves dans des crevasses ou des ravins.

Les articulations sont également touchées. Les entorses représentent 34 % des accidents et touchent les femmes 3,5 fois plus souvent que les hommes.

En ski alpin, le genou et le pouce (à cause de la dragonne des bâtons) sont les cibles principales des entorses.

Elles atteignent aussi le poignet et les épaules, parfois victimes de luxation. Quarante pour cent des entorses du genou sont graves et entraînent une rupture des ligaments croisés (à l’intérieur du genou).
Le ski de fond peut également provoquer des entorses mais souvent plus bénignes.

Les muscles ne sont pas épargnés. Les chocs, notamment en cas de collision avec un autre skieur (10 % des accidents), sont à l’origine de contusions, déchirures, ruptures, etc.

La peau des skieurs est mise à rude épreuve. Le soleil brûle très fortement en montagne et on ne sent pas forcément sa morsure avec la fraîcheur de l’air.

Les coups de soleil sont aggravés par la réverbération sur la neige.
voir notre article "Soleil à la montagne
La sécheresse et le froid causent des gerçures sur les lèvres et des crevasses aux mains.
Les gelures peuvent survenir très vite par grand froid ou fort vent et affecter même les muscles. Elles arrivent d’autant plus sournoisement que, lors de la descente, la froidure ambiante est amplifiée par l’air qui vient cingler le visage.

Les extrémités comme les oreilles, le nez, les pommettes et les doigts sont les plus touchés.

Le mal des montagnes peut se faire sentir dès 2 000 mètres et concerne donc principalement le ski alpin et le surf, le ski de fond se pratiquant le plus souvent autour de 1 000 - 1 500 mètres.

Le mal des montagnes est dû à la baisse de la pression atmosphérique lorsqu’on s’élève. La quantité d’oxygène disponible dans l’atmosphère diminue et le sang ne peut en transporter suffisamment.

Il faut surveiller les signes annonciateurs tels que fatigue extrême, nausées voire vomissements, maux de tête, essoufflement ou vertiges.
Si la personne touchée poursuit son ascension, ces signes, dits d’alerte, vont se transformer en signes d’alarme : le mal de tête devient sévère et s’accompagne d’une toux sèche, de difficultés à respirer, de troubles de la conscience et de vomissements.

De petits œdèmes apparaissent au niveau du visage ou des mains : les bagues s’incrustent dans les doigts, les bracelets sont plus serrés.
Une descente à plus basse altitude devient urgente. Sinon surviennent les signes graves : les symptômes déjà signalés deviennent plus sévères, une diminution du volume urinaire se produit ainsi que des œdèmes (les tissus se gonflent de liquide).

Si les poumons et le cerveau sont atteints, il peut s’ensuivre de très graves accidents comme l’œdème pulmonaire, mortel en quelques heures ou un coma.

Les yeux peuvent être atteints d’ophtalmie des neiges, une brûlure des yeux due à la réverbération lumineuse du soleil sur la neige lorsqu’on pratique le ski ou l’alpinisme (la neige réverbère 85 % des rayons ultraviolets).

Même lorsque le soleil est voilé, ses rayons nocifs passent facilement à travers les nuages et leurs dégâts peuvent être accentués par les reflets sur la neige.
La personne atteinte a les yeux rouges, gonflés, douloureux et larmoyants. Une sensation de « sable dans les yeux » accompagne ces symptômes.
La vision est atteinte et la lumière est difficile à supporter. Le traitement impose de rester dans l’obscurité et peut nécessiter des médicaments contre la douleur.

Les enfants de moins de 13 ans sont particulièrement sensibles à l’ophtalmie des neiges.



Les conseils de prévention

  • Tous ces sports sont des disciplines techniques. Prenez des cours pour bien profiter de la neige en toute sécurité et apprendre les bons gestes qui ménageront vos articulations, vos muscles et vos tendons. Apprenez à vous arrêter, à tomber correctement et à respecter certaines lignes de conduite sur les pistes.
  • Le choix du matériel est essentiel pour prévenir les accidents. Prenez toujours des skis, des bâtons et des chaussures adaptés à votre taille mais surtout à vos capacités. A titre d’exemple, quelqu’un skiant moyennement bien aura intérêt à prendre des skis dits « compacts » et relativement courts. Il perdra en vitesse ce qu’il gagnera en maniabilité et en aisance dans les virages. Les professionnels connaissent tous les types de matériels disponibles.

N’hésitez pas à leur demander conseil, de même qu’aux moniteurs de ski.

  • Les entorses du genou peuvent être prévenues en faisant régler et ajuster ses fixations par un professionnel ;
  • plus de 50 % des entorses du genou sont dues à des fixations mal réglées !
    Celles-ci doivent être réglées selon votre sexe, votre poids, la taille de vos chaussures et votre expérience.
  • Voir notre article sur les entorses du genou
  • Les enfants skieurs doivent porter un casque qui divisera par deux le risque de traumatisme crânien. Les enfants, qui skient plus près du sol et avec une tête proportionnellement plus lourde qu’un adulte, sont très exposés à ce type d’accident.
  • Pour une personne sédentaire le reste de l’année, il est indispensable de se préparer un mois avant le séjour au ski. De la marche, de la natation, du footing deux à trois fois par semaine permettent de faire travailler les muscles et les articulations, de les réhabituer à l’effort. Cette petite contrainte aura un grand effet préventif sur les accidents.
  • Contre le froid, il existe maintenant des vêtements chauds et légers. Pensez aussi à protéger vos extrémités avec gants, bonnet, et écharpe. Pour les grands froids, une cagoule, assortie de lunettes intégrales, sera plus efficace. Il ne faut pas que vos pieds soient trop serrés dans vos chaussures. Une fine couche d’air est un des meilleurs isolants qui soit.
  • N’oubliez pas d’emporter un bâton de matières grasses protectrices enrichies en filtre solaire pour vos lèvres. Utilisez le temps des remontées en télésiège pour renouveler les applications d’écran solaire et de baume pour les lèvres.
  • L’ophtalmie des neiges se prévient avec des lunettes de soleil qui filtrent efficacement les UV, éventuellement renforcées par des caches latéraux (type lunettes de glacier). La catégorie CE des lunettes de soleil (norme européenne, indiquée sur l’étiquette) donne une indication de leur capacité à filtrer les UV. Une paire de catégorie 3 est le minimum indispensable. Préférez les catégories 4 en montagne et chez les enfants.
  • En ski, un peu d’échauffement est indispensable : par exemple, descendre des pistes faciles pour commencer une journée de ski alpin, ou garder une allure modérée pour débuter son parcours en ski de fond. Cette mise en route évite les problèmes musculaires, tendineux et articulaires.
  • Les surfeurs ne rêvent souvent que d’une chose, aller « rider dans la peuf », autrement dit s’éclater dans la poudreuse du hors-piste. Pourquoi pas ? Mais il faut toujours le faire dans les zones autorisées et rester extrêmement prudent : signaler où l’on va surfer, se renseigner sur les risques météo et d’avalanches.
    Se faire accompagner par un guide est encore la meilleure solution.
  • Skier épuise l’organisme.

Pensez à boire et à manger régulièrement.

Il est absurde de skier toute une journée sans s’arrêter pour « amortir son forfait ». Le corps doit faire face à une dépense énergétique inhabituelle et lutter contre le froid : il a besoin de repos et de nourriture pour récupérer.

  • Ne vous laissez entraîner par votre entourage à faire n’importe quoi :
  • skier sur une piste qui ne vous convient pas,
  • accepter de faire une dernière descente alors que vous êtes exténué,
  • vous forcer à redescendre à ski quand la fatigue s’est installée alors que vous pourriez le faire tranquillement en cabine. Les accidents de ski arrivent le plus souvent en fin de journée et ce n’est pas un hasard.
  • Pour éviter le mal des montagnes, il faut ne pas monter trop haut trop vite.
    L’œdème pulmonaire peut survenir dès 2 700 mètres.
    À partir de 1 700 mètres, ne pas grimper plus de 700 mètres par jour jusqu’à 3 500 mètres ; au-delà de 3 500 mètres, ne pas s’élever de plus de 500 mètres par jour. Efforcez-vous de dormir à une altitude inférieure à l’altitude la plus élevée atteinte dans la journée et passez deux nuits de suite à la même altitude à chaque fois que vous passez un nouveau seuil de 1 000 mètres d’altitude.

Évitez le surmenage et la déshydratation et nourrissez-vous correctement, notamment en glucides. Un traitement préventif existe pour les personnes sujettes au mal des montagnes, mais il doit être utilisé avec précaution.
La consultation d’un médecin permettra de peser le pour et le contre.

Extrait du Guide VIDAL Sport & Santé. Copyright VIDAL 2005.

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