125 000 signatures, un appel pour sauver la spécialité de pédiatre

Ce n’est pas le tout de faire des enfants, encore faut-il avoir de quoi les soigner et les maintenir en bonne santé. Si la France a un taux de natalité relativement élevé, elle est aussi un des pays qui comptent le moins de pédiatres de ville. C’est pourtant ce spécialiste qui assure les soins, la prévention, le dépistage et le suivi des enfants et des adolescents. Car le jeune âge comporte des caractéristiques sanitaires qui lui sont propres et qui justifient la spécialité de pédiatre.

En France, les chiffres sont alarmants. De 3145 en 1995, le nombre de pédiatres de ville est passé à 2700 en 2008, les observateurs redoutant une pure et simple disparition de la spécialité d’ici à dix ans.

Une première mesure a été prise cette année avec l’augmentation du nombre d’internes en médecine à former à la spécialisation en pédiatrie, et ce chiffre devrait atteindre 281 en 2014-2015.

Mais, soulignent les pédiatres par la voix de l’AFPA (Association française de pédiatrie ambulatoire), c’est de 600 places qu’il faudrait disposer pour pallier les nouveaux départs en retraite dans la profession. Il faut savoir en effet que l’âge moyen des pédiatres de vielle, en 2008, s’élevait à 54,5 ans.

« L’enfant n’est pas un adulte en miniature, précisent les responsables de l’Afpa, son suivi de la naissance à l’adolescence nécessite des compétences spécifiques que le pédiatre acquiert par son cursus universitaire (4 années de spécialisation dédiées) puis tout au long de sa carrière professionnelle, par les formations continues obligatoires, et qui s’appuient sur l’exercice exclusif de cette spécialité.

Ces spécialistes dépistent les troubles du développement des nouveau-nés, des nourrissons, des enfants et des adolescents, soignent les maladies aiguës et chroniques de l’enfant, les nouvelles pathologies telles que l’hyperactivité, les troubles des apprentissages scolaires, l’obésité, les troubles psychoaffectifs, les maladies allergiques… tout en étant sensibles aux nouvelles vulnérabilités que sont, les inégalités sociales, les familles séparées ou encore les problèmes liés à l’adolescence. »

Aussi l’Association a-t-elle fait largement signer une pétition destinée à convaincre les autorités sanitaires et gouvernementales de l’urgence de la situation et des solutions à y apporter. Romane Bohringer et Matthieu Chedid, tous deux parents, ont appuyé la démarche et se sont associés à cette mobilisation, conscients que, pour les enfants de France, pouvoir consulter un pédiatre est un droit. Le 19 janvier prochain, l’Afpa rendra publiques les quelque 125 000 signatures ainsi réunies et les transmettra au ministère de la Santé.

Affaire à suivre.

Source. Afpa (Association française de pédiatrie ambulatoire). Site : http://www.afpa.org/, la pétition est disponible que le site.

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